Le taux du dollar américain face au franc congolais, en baisse pourtant depuis le début du mois d’octobre 2025, ne facilite pas les échanges commerciaux dans les marchés de la ville de Goma, au Nord-Kivu. Malgré cette baisse, les prix des produits varient selon les lieux d’achat, provoquant confusion et frustration parmi les habitants.
En effet, si le dollar s’échange entre 2 200 et 2 600 francs congolais selon le lieu de change, cette différence crée un véritable déséquilibre entre vendeurs et acheteurs. Dans la pratique, un habitant explique :
« Je suis lassé et déçu, car chacun fixe son propre taux. Si vous payez en francs, le vendeur augmente le prix ; si vous payez en dollars, c’est le contraire. Les autorités devraient faire le suivi, surtout auprès des commerçants, pour que le taux officiel concorde avec les prix des biens. Ils devraient annoncer le taux et descendre sur le terrain pour sanctionner ceux qui ne respectent pas les règles », confie un client rencontré au marché Alanine, sur la route Goma–Sake.
Une légère baisse observée sur certains produits
Malgré ces incohérences, certains produits connaissent une baisse de prix. Le kilo de pommes de terre, autrefois vendu à 2 000 FC, se négocie actuellement entre 900 et 1 000 FC. Le kilo de viande de bœuf est passé de 17 000 à 15 000 FC, tandis que celui de chèvre est désormais vendu à 16 000 FC au lieu de 18 000.
Dans le secteur non alimentaire, le prix d’une boule de mèches, auparavant fixé à 11 000 FC, est descendu à 9 500 FC — une évolution saluée par plusieurs revendeurs.
Mais d’autres prix restent inchangés…
Toutefois, d’autres produits résistent à cette baisse du taux de change. Le bidon de 20 litres d’huile, autrefois vendu à 28 dollars lorsque le taux était à 3 000 FC, reste au même prix malgré la baisse actuelle du dollar. Il en est de même pour un sac de riz à 22 dollars et 6 kilos de gaz à 9 dollars.
Une situation jugée injuste par de nombreux consommateurs, qui ne comprennent pas pourquoi les prix ne suivent pas la tendance du taux de change.
« Le prix reste le même parce que là où nous achetons, les coûts n’ont pas vraiment changé. Il y a eu une légère variation du taux ici localement, mais pas à la source », explique un vendeur du marché Alanine.
De leur côté, les commerçants affirment que le taux d’achat en gros reste encore élevé…
« Certains changent à 2 100 ou 2 300 FC, mais quand nous allons jusqu’à Birere, le taux est à 2 500 FC. Nous sommes donc obligés d’ajouter un peu pour ne pas perdre », justifie un autre commerçant.
Une situation qui perturbe également les revendeuses de poissons, contraintes d’acheter leurs marchandises à des taux variant entre 2 600 et 2 800 FC sans savoir à quel prix les revendre.
Cette instabilité du taux de change, entre espoir de baisse et confusion sur le terrain, continue donc d’alimenter les inquiétudes à Goma, où les consommateurs appellent les autorités économiques à harmoniser le taux et à veiller à la transparence des prix sur les marchés.
Mwengesyali Tuvere Virginie
