À quelques jours des festivités de Noël et de nouvel an, l’effervescence se fait attendre au marché de Kanyabayonga, dans le sud du territoire de Lubero (Nord-Kivu).
Malgré des étals généreusement achalandés en vêtements et chaussures, les clients se font rares. Si les commerçants assurent que les prix restent stables, ils déplorent un manque criant de liquidités chez les ménages, étouffés par la cherté de la vie et une conjoncture économique difficile.
‹‹ Il n’y a pas de clients. Pourtant, nous avons déjà baissé les prix, comme le taux du dollar a également baissé. Les gens n’achètent pas pour leurs enfants comme les années précédentes. On ne sait pas pourquoi. Peut-être que les enseignants et d’autres fonctionnaires n’ont pas encore reçu leurs salaires. On ne sait plus quoi faire avec ces articles, peut-être que c’est à cause de la guerre ››, explique Kavira Mwasi, une de ces commerçantes.
Les clients de leur côté disent que la vie chère vécue actuellement, les contraint à faire le choix entre priorité et accessoire. Ils pensent que les enfants se contenteront du peu qui leur sera donné.
‹‹ Nous avons déjà manqué de l’argent pour acheter des habits pour nous et nos enfants. Les denrées alimentaires ont baissé de prix aux marchés. Chaque fois que nous apportons nos produits agricoles au marché, personne ne les achète. Nous les ramenons souvent à la maison et ils pourrissent, sans générer aucun revenu. Il n’y a rien à faire. Je n’ai pas encore acheté quoi que ce soit pour mes enfants. Je n’ai pas d’argent. Mais avec la bénédiction de Dieu, j’espère pouvoir leur acheter quelque chose », disent-ils.
Signalons que malgré ce contexte difficile, les commerçants gardent l’espoir que les festivités de fin d’année redynamiseront leurs affaires. Pour l’instant, le centre commercial de Kanyabayonga reste plongé dans une certaine léthargie, loin de l’agitation coutumière de cette période de l’année.
Augustin Tsongo
