La situation sanitaire devient de plus en plus préoccupante dans le village de Kyahala, situé dans la localité de Katwe, en zone de santé de Kibirizi, au nord-ouest du territoire de Rutshuru. Depuis plusieurs semaines, des cas de malnutrition et de maladies liées au manque d’hygiène y sont signalés, touchant particulièrement les populations déplacées récemment installées dans la zone.
Depuis novembre 2024, Kyahala accueille un afflux important de familles déplacées en provenance du groupement Mutanda, dans la chefferie de Bwito. Cette arrivée massive a entraîné une pression accrue sur les ressources déjà limitées du village.
Selon Clovis Rufani, acteur de protection au sein de la structure locale SOCOLUT (Solidarité communautaire pour la lutte contre le tribalisme), la situation est critique. Les cas de malnutrition augmentent sensiblement, notamment chez les enfants, les femmes enceintes et allaitantes. Par ailleurs, plusieurs maladies liées au manque d’hygiène, communément appelées “maladies des mains sales”, se propagent rapidement dans la communauté.
La situation est aggravée par l’état du centre de santé local, victime de pillages répétés, qui n’est plus en mesure de répondre efficacement aux besoins de la population. Le surpeuplement, le manque de nourriture et la précarité financière empêchent de nombreuses familles d’accéder aux soins de santé de base, causant ainsi des décès au sein de la communauté.
Les habitants déplacés proviennent notamment des villages de Busukura, Mumo, Binyambwe, Kyanchikiro, Kitunda, Mukole, Masiza, Kitanda, Lushaki et Bikenge, tous affectés par la crise sécuritaire persistante dans la région.
Face à cette situation, la SOCOLUT lance un appel urgent aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté afin d’apporter une assistance en soins de santé primaire, en nutrition et en aide humanitaire globale.
La crise sanitaire à Kyahala illustre les conséquences humanitaires dramatiques des déplacements de populations dans le territoire de Rutshuru. Sans une intervention rapide et coordonnée des acteurs humanitaires, la situation risque de s’aggraver davantage, mettant en péril la vie de centaines de familles déjà vulnérables.
Dieu-merci Mumbere
