À Kirumba, dans le territoire de Lubero, un centre médical dédié aux personnes vivant avec handicap traverse une crise sanitaire préoccupante. Depuis plusieurs mois, cette structure fait face à une pénurie alarmante de médicaments essentiels, compromettant sérieusement la prise en charge des patients et mettant en danger de nombreuses vies.
Le Centre de développement pour les personnes vivant avec handicap (CEDEPHA), qui gère cette structure sanitaire, alerte sur une situation devenue critique. Son président, Paluku Syoghavyosi Maangaiko, déplore l’absence quasi totale de médicaments de première nécessité, indispensables pour traiter les pathologies les plus courantes dans la région.
« Ici, les cas de paludisme sont fréquents, mais nous sommes en rupture de sérum, de paracétamol et de plusieurs antibiotiques. Nous ne disposons que de quelques comprimés de paracétamol, d’un peu de quinine ou de métronidazole. Le stock est pratiquement vide », explique-t-il avec inquiétude.
Malgré ces conditions difficiles, le centre continue de fonctionner grâce aux efforts des membres de l’association. Ces derniers tentent de reconstituer un stock minimal de médicaments à travers des cotisations modestes, variant entre 200 et 500 francs congolais. Toutefois, cette stratégie reste insuffisante face à l’ampleur des besoins.
La situation est aggravée par l’insolvabilité de nombreux patients, en majorité des personnes vivant avec handicap, qui n’ont pas les moyens de payer leurs soins.
« Beaucoup prennent des médicaments sans payer, ce qui complique davantage la gestion du centre. Par ailleurs, les prix des médicaments dans les pharmacies sont très élevés », souligne Maangaiko.
Dans ce contexte de précarité, la mission du centre — garantir un accès équitable aux soins de santé — est fortement compromise. Les populations les plus vulnérables sont les premières touchées par cette crise.
Face à cette urgence, le responsable du centre lance un appel pressant aux autorités publiques ainsi qu’aux organisations humanitaires œuvrant dans le secteur de la santé. Il dénonce également une inégalité dans l’approvisionnement des structures sanitaires.
« Nous demandons aux bienfaiteurs de nous venir en aide avec des médicaments. Nous ne comprenons pas pourquoi d’autres centres sont approvisionnés, alors que celui des personnes vivant avec handicap est souvent oublié », insiste-t-il.
La pénurie de médicaments au centre médical pour personnes handicapées de Kirumba met en lumière les défis persistants d’accès aux soins dans les zones fragiles. Sans une intervention rapide des autorités et des partenaires humanitaires, cette situation risque d’aggraver la vulnérabilité des patients et d’entraîner des conséquences dramatiques. Ce cri d’alarme appelle à une mobilisation urgente pour garantir le droit fondamental à la santé pour tous.
Jonas Kitambale
