Dans la ville de Bukavu et dans ses environs, la récente augmentation des tarifs de transport en commun plonge davantage les populations dans la précarité. Déjà fragilisés par les crises sécuritaires et économiques, les habitants doivent désormais faire face à une flambée des prix qui affecte leur mobilité et leur quotidien.
Sur l’axe Bukavu-Kavumu, le coût du transport est passé de 4 000 à 5 000 francs congolais. En ville, les courses en taxi oscillent désormais entre 1 500 et 2 000 francs congolais, contre 1 000 francs auparavant. Une situation qui pèse lourdement sur les ménages, dont les revenus restent faibles, voire inexistants pour certains.
Les chauffeurs justifient cette hausse par l’augmentation du prix du carburant à la pompe. De leur côté, les opérateurs pétroliers évoquent une pénurie liée à des tensions internationales, notamment la guerre en Iran, qui perturbe l’approvisionnement.
Dans ce contexte, le litre de carburant s’est vend entre 5 000 et 6 000 francs congolais ces derniers jours, souvent sans régulation claire.
Pour les habitants, les conséquences sont immédiates et préoccupantes. « Là où on payait 500 francs, c’est devenu 1 000. Et 1 000 francs est devenu 1 500. C’est vraiment difficile, surtout dans la situation actuelle où il n’y a pas de travail », témoigne un usager.
Un autre ajoute : « Pour un aller-retour, il faut parfois dépenser plus d’un dollar, alors qu’on ne gagne même pas la moitié par jour ».
La société civile s’inquiète de cette situation qui accentue la vulnérabilité des populations. Elle dénonce notamment l’absence de communication claire autour de la hausse des prix et appelle à une intervention urgente.
« Si cette tendance continue, c’est la population qui va continuer à en payer le prix. Il est important que les acteurs, en collaboration avec la Fédération des entreprises, harmonisent les tarifs », alerte Juvénal Lushule.
Une réunion a été organisée le 9 avril 2026 entre les autorités et les opérateurs économiques de Bukavu. A l’issue de ces échanges, des mesures de régulation ont été annoncées.
Le prix du litre d’essence a été fixé à 4 000 francs congolais et celui du mazout à 4 200 francs congolais. Les chauffeurs ont été appelés à revoir à la baisse les tarifs du transport urbain, désormais compris entre 1 000 et 1 200 francs congolais.
Dans le secteur fluvial, le billet en classe économique a été harmonisé à 25 000 francs congolais, en remplacement des 10 dollars américains précédemment exigés.
Malgré ces décisions, les habitants restent prudents quant à leur application effective. Dans un contexte marqué par la pauvreté et l’instabilité, la question du transport dépasse la simple mobilité : elle devient un enjeu humanitaire, conditionnant l’accès au travail, aux soins de santé et aux services de base.
Pour de nombreuses familles, chaque déplacement est désormais un choix difficile, révélateur d’une crise qui continue de fragiliser le tissu social et économique de Bukavu.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija
Déodatte Balolebwami
