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Rutshuru : l’accès à l’eau, urgence vitale face à la menace Ebola

by Admin Admin
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À Kibirizi, dans le territoire de Rutshuru, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable casse-tête pour des milliers d’habitants. Depuis près de deux mois, plusieurs bornes-fontaines fonctionnent au ralenti ou sont totalement à sec, obligeant les ménages à se mobiliser tard dans la nuit pour espérer s’approvisionner en eau. Cette situation préoccupe particulièrement les acteurs sanitaires, alors que la région reste sous la menace de la maladie à virus Ebola.

Dans plusieurs quartiers de Kibirizi, les habitants dénoncent une crise persistante de l’eau potable. Au quartier CEPAC, Kavira Asifiwe exprime son désarroi face à cette situation qui complique le quotidien des familles.

Le même constat est observé au quartier Jolie Bois, où les habitants sont contraints de veiller jusque tard dans la nuit pour accéder à l’eau. Certaines familles se réveillent entre minuit et deux heures du matin, tandis que d’autres attendent jusqu’à l’aube devant les bornes-fontaines dans l’espoir de remplir quelques bidons.

« Chez nous, à la borne numéro 23 du quartier Jolie Bois, il est très difficile d’avoir de l’eau. Nous devons nous réveiller chaque nuit entre 22 heures et 5 heures du matin pour nous approvisionner », témoigne Kanyere Nzalamingi, habitante du quartier.

Cette pénurie intervient dans un contexte sanitaire préoccupant. Avec une population estimée à plus de 70 000 habitants selon les statistiques publiées début 2026 par la zone de santé de Kibirizi, le manque d’eau risque de compromettre les mesures de prévention contre plusieurs maladies, notamment Ebola.

Pour Mumbere Bagheni Edgard, relais communautaire de l’aire de santé CBCA Kibirizi, l’insuffisance d’eau potable constitue une menace directe pour la santé publique.

« La pénurie d’eau va avoir un impact sur la santé des habitants, surtout dans la prévention contre Ebola. Le lavage régulier des mains est indispensable, mais malheureusement nous manquons d’eau », alerte-t-il.

Face à cette situation, le comité d’adduction d’eau potable de Kibirizi (AEPOKI) affirme être à la recherche de solutions durables. Selon son vice-président, Kambale Kasonia, de nouvelles sources d’eau ont été identifiées dans les montagnes de Kanyatsi, situées à plus de cinq kilomètres de la cité.

« Nos équipes ont visité cette zone et y ont trouvé d’importantes réserves d’eau. L’objectif est de transporter cette eau vers les réservoirs existants, mais cela nécessite la construction d’ouvrages de captage et des moyens financiers conséquents », explique-t-il.

Alors que la pénurie d’eau potable continue d’affecter le quotidien des habitants de Kibirizi, les appels à l’aide se multiplient. Les responsables de l’AEPOKI plaident pour un appui des partenaires et des autorités afin de financer les travaux de captage et d’améliorer durablement la desserte en eau potable. Une intervention rapide apparaît indispensable pour préserver la santé des populations et renforcer la lutte contre les maladies épidémiques dans cette partie de la chefferie de Bwito.

Dieu-Merci Mumbere

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