Cancer du sein à Goma : 10 à 20 % des consultations jugées inquiétantes

À Goma, deux femmes sur six consultent actuellement pour des problèmes liés au sein, et parmi elles, 10 à 20 % présentent des signes pouvant évoquer un cancer. C’est ce qu’a indiqué le docteur Deogracias Ngabo, gynécologue-obstétricien, en marge de la Journée mondiale contre le cancer, célébrée chaque 4 février.

Ces chiffres mettent en évidence l’importance de l’information et de la prévention dans la région. Le docteur Ngabo souligne que le cancer du sein est l’une des formes de cancer les plus meurtrières chez les femmes, ce qui rend indispensable une prise de conscience rapide et des actions concrètes.

Il explique que cette maladie touche majoritairement les femmes en raison de facteurs biologiques et hormonaux. Bien que le cancer du sein puisse également affecter les hommes, cela reste beaucoup plus rare, représentant moins de 1 % des cas, précise-t-il.

Le cancer du sein demeure l’une des principales causes de mortalité féminine, surtout lorsqu’il est détecté tardivement. Le docteur Deogracias Ngabo attire l’attention sur les signes qui doivent immédiatement alerter, et rappelle que la détection précoce est la clé pour augmenter les chances de guérison.

« Une femme doit pratiquer l’auto-examen des seins. Lorsqu’elle découvre une petite boule, elle doit immédiatement consulter un médecin. C’est le premier signe d’alerte. Le deuxième signe est le changement de couleur du sein. Si vous constatez que votre sein prend un aspect de peau d’orange, il faut consulter sans tarder. Le troisième signe est l’écoulement au niveau des seins. En principe, une femme qui n’allaite pas ne doit pas avoir d’écoulement mammaire. Enfin, toute douleur persistante au niveau des seins doit également alerter », précise-t-il.

Le spécialiste insiste également sur l’importance de la prévention : l’auto-examen régulier, la consultation rapide dès l’apparition des symptômes et la réalisation d’examens médicaux appropriés sont essentiels pour augmenter les chances de guérison et sauver des vies.

« Lorsque le cancer du sein est diagnostiqué très tôt, il est guérissable. Il existe aujourd’hui des traitements tels que la chimiothérapie, la radiothérapie, suivis si nécessaire d’une intervention chirurgicale. Beaucoup de femmes guérissent du cancer du sein lorsque le diagnostic est précoce », insiste-t-il.

Pour lui, la lutte contre le cancer du sein ne relève pas seulement des efforts individuels.

« Le cancer du sein est un problème de santé publique. Les prestataires de santé doivent prendre cette question au sérieux et orienter les patientes vers des structures compétentes pour une meilleure prise en charge », conclut-il.

Dans la Région africaine de l’OMS, plus de 900 000 nouveaux cas de cancer, et plus de 580 000 décès ont été recensés en 2022 seulement, preuve que la maladie demeure un problème de santé majeur et urgent sur le continent. Si des mesures appropriées ne sont pas prises, les décès liés au cancer en Afrique pourraient augmenter de plus de 70 % d’ici 2040, prévient l’Organisation mondiale de la Santé.

Marie Bisimwa

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