À Goma, la Journée mondiale de l’aide humanitaire a été célébrée le 19 août autour du thème de la solidarité et de l’engagement en faveur des populations affectées par les crises. Malgré la pluie, l’activité s’est déroulée dans une ambiance marquée par des messages de paix, des prestations artistiques et des échanges sur les réalités auxquelles sont confrontés les travailleurs humanitaires dans le Nord-Kivu.
À cette occasion, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a présenté les objectifs de cette journée, tout en mettant en lumière les défis qui continuent de limiter l’accès humanitaire dans plusieurs zones de la province.
La pluie n’a pas empêché la tenue de l’activité. Après des poèmes consacrés à la paix ainsi qu’une prestation artistique et comique, OCHA a présenté les objectifs de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, consacrée chaque année à la reconnaissance du travail accompli par les acteurs humanitaires à travers le monde. Mais derrière cette célébration se trouve une réalité beaucoup plus préoccupante : l’accès aux populations affectées demeure difficile dans plusieurs territoires du Nord-Kivu.
Selon Mapendo Kusudi, l’un des principaux obstacles auxquels sont confrontés les travailleurs humanitaires reste l’insécurité. La présence de groupes armés dans certaines zones limite les déplacements et complique l’intervention auprès des communautés qui ont besoin d’assistance.
« Aujourd’hui, le principal défi est beaucoup plus lié à la sécurité. La situation sécuritaire crée des barrières qui empêchent les humanitaires de se déplacer sur le territoire et d’intervenir en faveur des communautés affectées », explique Mapendo Kusudi.
Dans ce contexte, la sécurité des travailleurs humanitaires constitue une préoccupation majeure. Avant de pouvoir porter assistance aux populations, les humanitaires doivent eux-mêmes pouvoir accéder aux zones concernées dans des conditions suffisamment sûres.
« On doit d’abord se protéger avant de protéger la communauté. Les humanitaires sont aussi des humains et doivent donc d’abord réfléchir par rapport à leur sécurité », insiste Mapendo Kusudi.
À l’insécurité s’ajoutent d’autres contraintes, notamment certaines mesures sanitaires et périodes de quarantaine pouvant affecter les déplacements entre différentes zones. Ces difficultés peuvent ainsi ralentir ou compliquer la mise en œuvre des interventions humanitaires.
Les échanges organisés à l’occasion de cette journée ont également porté sur la nécessité de préserver le caractère apolitique et impartial de l’aide humanitaire. Les participants ont insisté sur l’importance de garantir un accès équitable aux populations affectées, indépendamment de leur origine ou de leur appartenance.
La redevabilité envers les communautés et leur participation aux actions humanitaires ont également été mises en avant. Pour les acteurs présents, associer les populations aux interventions permet notamment de mieux comprendre leurs besoins et d’adapter les réponses apportées.
La célébration s’est finalement poursuivie à travers différents stands tenus par les organisations humanitaires. Ces espaces ont permis aux participants de découvrir les activités réalisées sur le terrain et de mieux comprendre le rôle joué par les différents acteurs auprès des communautés.
La Journée mondiale de l’aide humanitaire célébrée à Goma aura ainsi permis de rendre hommage aux travailleurs humanitaires tout en mettant en lumière les nombreux défis auxquels ils sont confrontés dans le Nord-Kivu.
Dans une province marquée par l’insécurité et les déplacements de populations, garantir l’accès humanitaire et la sécurité des travailleurs demeure essentiel pour permettre aux personnes affectées de recevoir l’assistance dont elles ont besoin. Au-delà des célébrations, cette journée rappelle donc la nécessité de renforcer la protection des acteurs humanitaires, de préserver les principes humanitaires et de placer les communautés affectées au cœur des interventions.
Grace Wasingya Nestor
