Kirumba : les femmes, actrices clés du retour à la paix

À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme célébrée le 8 Mars, les femmes de Kirumba, dans le sud du territoire de Lubero au Nord-Kivu, ont été invitées à jouer un rôle central dans la construction de la paix et de la cohésion sociale. Entre messages spirituels et appels à l’engagement communautaire, cette journée a surtout été marquée par des moments de réflexion sur la place et la responsabilité des femmes au sein de la famille et de la société.

Contrairement aux célébrations festives souvent observées ailleurs, la commémoration de cette journée à Kirumba s’est déroulée dans un climat de méditation et de sensibilisation. Plusieurs leaders religieux et acteurs associatifs ont profité de l’occasion pour rappeler l’importance du rôle des femmes dans le développement social et moral de la communauté.

À l’église CBCA Isanganana, située dans le quartier Kikimba, un message fort a été adressé aux femmes. Le pasteur Kasereka Wanzalughendo Zabulona a exhorté les participantes à prendre conscience de leur valeur et de leur influence dans la société. Selon lui, la femme ne doit pas se considérer comme une simple spectatrice, mais comme un pilier fondamental qui soutient l’équilibre familial et communautaire.

« Il faudrait que la femme comprenne qu’elle est le moteur de la famille et de la société. Elle doit travailler afin que la société aille de l’avant. Autrefois marginalisée spirituellement, elle n’avait pas voix au chapitre. Mais grâce au salut de Jésus, elle a aujourd’hui le pouvoir de vivre en communion avec les autres », a-t-il déclaré.

Ce message de responsabilisation trouve également un écho dans le milieu associatif local. Une responsable d’organisation féminine, ayant requis l’anonymat, a insisté sur la nécessité pour les femmes de s’organiser et de renforcer leur solidarité afin de faire face aux défis qui touchent leurs communautés.

Elle encourage les femmes à rejoindre des organisations locales pour lutter contre la discrimination et promouvoir la paix. « J’appelle les femmes à rejoindre les autres dans des organisations afin de lutter contre la discrimination et garantir la paix dans notre contrée. Ensemble, nous échangeons pour trouver des solutions aux problèmes que nous rencontrons dans différentes situations. Unies, nous devenons fortes », a-t-elle affirmé.

À Kirumba, la célébration du 8 mars s’est ainsi transformée en un moment de prise de conscience collective. Plus qu’une simple commémoration, cette journée a rappelé aux femmes leur rôle déterminant dans la consolidation de la paix et le renforcement de la cohésion sociale. Car lorsque la femme prend pleinement conscience de sa force et de sa responsabilité, c’est toute la communauté qui avance vers plus de stabilité, de développement et d’harmonie.

Ghislain Ramazani

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