À Kirumba, dans la partie sud du territoire de Lubero, plusieurs agriculteurs abandonnent progressivement les méthodes traditionnelles de sarclage manuel au profit des pesticides et herbicides pour entretenir leurs cultures. Une pratique jugée plus rapide et moins pénible, notamment dans les champs de tomates et d’autres fruits.
Cependant, les agents de santé publique alertent sur les risques sanitaires liés à la consommation de produits agricoles exposés à ces substances chimiques sans respect des mesures d’hygiène.
Face à la pénibilité et au coût élevé des travaux de défrichage et de sarclage manuel, de nombreux cultivateurs de Kirumba ont choisi de recourir aux produits chimiques pour lutter contre les mauvaises herbes dans leurs champs.
Ces pesticides et herbicides, bien qu’efficaces pour l’entretien des cultures, présentent néanmoins des dangers pour la santé humaine et l’environnement. Les professionnels de santé s’inquiètent particulièrement de la consommation des fruits et légumes provenant de ces champs lorsque ceux-ci ne sont pas correctement lavés ou épluchés avant leur consommation.
Selon les habitants et cultivateurs rencontrés sur place, cette pratique devient de plus en plus fréquente dans la culture des tomates ainsi que d’autres fruits destinés aux marchés locaux.
Interrogé à ce sujet, le docteur Kombi Benjamin, médecin traitant au centre de santé de Kirumba, met en garde contre les conséquences sanitaires liées à l’usage incontrôlé des pesticides.
« Avec les études déjà faites, lorsque les pesticides ne sont pas dosés à des taux acceptables, cela peut entraîner des problèmes cancérigènes. Et si une personne consomme ces fruits sans les avoir lavés ou épluchés, elle peut présenter des douleurs abdominales, des diarrhées et d’autres complications sanitaires », explique-t-il.
Le médecin insiste également sur l’importance du respect des mesures d’hygiène avant toute consommation des fruits et légumes exposés à ces produits chimiques.
« Pour consommer ces fruits sans risques, il faut respecter les mesures d’hygiène. Il est important de bien laver les fruits à l’eau afin d’éliminer les poussières et les résidus de pesticides. On peut aussi procéder à l’épluchage pour retirer la couche externe avant de consommer le contenu », recommande le Dr Kombi Benjamin.
Face à l’augmentation de l’utilisation des pesticides dans les champs de Kirumba, les professionnels de santé appellent les agriculteurs à privilégier des méthodes alternatives moins dangereuses pour la santé humaine et l’environnement.
Ils invitent également la population à adopter des gestes d’hygiène rigoureux afin de limiter les risques liés à la consommation des fruits et légumes traités avec des produits chimiques.
Origène Musubao
