Economie Kirumba : par la broderie, des veuves tissent le chemin de leur indépendance financière Admin Admin2 avril 2026037 views À Kirumba, au sud du territoire de Lubero, plus d’une centaine de femmes vulnérables, majoritairement des veuves, s’engagent dans une formation en broderie dans l’espoir de devenir autonomes. Initiée par la Communauté Baptiste au Centre de l’Afrique (CBCA) à travers la paroisse locale, cette activité vise à réduire la dépendance économique de ces femmes. Malgré leur détermination, plusieurs défis continuent toutefois de freiner leur progression. Chaque vendredi et samedi, sous un soleil souvent accablant, ces femmes se rassemblent dans la concession de l’église pour apprendre à tisser des nattes et des paniers à partir de fils plastiques. Munies de ciseaux, d’aiguilles et de fils, elles s’appliquent avec sérieux à cette activité artisanale qu’elles espèrent transformer en source de revenus durable. Certaines participantes affirment déjà maîtriser les techniques de base, une étape importante vers leur autonomisation. Au-delà de l’apprentissage, ces moments de rencontre constituent également un espace de réconfort et de solidarité. Elles expliquent que ces activités les aident à oublier les difficultés quotidiennes et à retrouver une certaine stabilité mentale et sociale. Cependant, malgré ces avancées, des obstacles persistent. Le manque de clients pour acheter les produits finis limite les possibilités de rentabilité. De plus, l’insuffisance de matériels, notamment les fils nécessaires à la fabrication, constitue un frein majeur à leur progression. Le Révérend Kavusa Musumbirya Gédéon, chargé du suivi de cette initiative, souligne que cette formation vise avant tout à lutter contre la pauvreté et la dépendance qui touchent ces femmes. Il précise que plus d’une centaine de veuves sont déjà impliquées et que le programme continue d’accueillir de nouvelles participantes. Néanmoins, il appelle à un appui extérieur pour renforcer cette action, notamment en matériel et en financement de capital de démarrage. Malgré les défis liés au manque de moyens et d’infrastructures, les femmes de Kirumba gardent espoir. Leur engagement et leur persévérance témoignent d’une réelle volonté de changer leurs conditions de vie. Avec un accompagnement adéquat, cette initiative pourrait devenir un véritable levier d’autonomisation, offrant à ces femmes une opportunité durable de résilience économique et sociale. Emmanuel Fundi