À Kiwanja, les Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) constituent aujourd’hui une véritable bouffée d’oxygène pour de nombreuses femmes. Dans un contexte marqué par la crise économique et la précarité croissante des ménages, ces structures communautaires permettent à plusieurs mères de famille de lancer de petites Activités génératrices de revenus.
Parmi elles, Madame Gisèle Kabuo incarne cette dynamique d’autonomisation féminine, rendue possible grâce au microcrédit. Mère de quatre enfants et femme au foyer, Gisèle Kabuo est membre de l’AVEC « Simama » depuis trois ans. Grâce à un prêt de 300 000 francs congolais obtenu au sein de son Association, elle a pu ouvrir un petit étalage où elle vend divers produits de première nécessité.
« Je vends de l’huile, de la farine, des tomates, du poisson, des fretins, de la braise. L’argent de l’AVEC nous aide beaucoup. On te prête ces trois cents mille francs et tu paies un intérêt pendant trois mois, soit trente mille francs par mois. Après trois mois, tu rembourses le capital et les intérêts », explique-t-elle.
Malgré les difficultés liées à la conjoncture économique, Gisèle a su développer une stratégie pour pérenniser son activité. Elle met de côté une petite somme issue de ses bénéfices afin de renforcer son épargne, et de pouvoir solliciter un nouveau crédit en cas de baisse de son capital.
« Tu réserves une petite somme à épargner pour que, si ton commerce chute, on puisse t’octroyer un autre prêt afin de relever ton capital. Avec le soutien de ton mari, tu arrives à rembourser. Cela nous permet de bien scolariser les enfants, d’avoir à manger et de payer le loyer », confie-t-elle.
Au-delà de l’aspect financier, les AVEC jouent également un rôle social important. Les membres bénéficient d’un accompagnement solidaire en cas de difficultés, de maladie ou d’événements familiaux tels que l’accouchement. Cette solidarité renforce la cohésion entre les femmes et leur donne davantage de confiance pour entreprendre.
Convaincue des avantages de ce système, Gisèle encourage d’autres femmes et jeunes filles à dépasser leurs peurs, et à se lancer dans l’entrepreneuriat.
« Celles qui ont peur doivent s’en débarrasser. Il ne faut jamais avoir peur avant d’essayer. Qu’elles viennent se joindre à nous. Dans les AVEC, il y a beaucoup d’avantages : nous avons des parts sociales, et lorsque l’une de nous traverse une épreuve, nous venons l’assister ».
À Kiwanja, les AVEC apparaissent ainsi comme un levier essentiel d’autonomisation économique des femmes. En facilitant l’accès au crédit et en favorisant la solidarité communautaire, elles contribuent non seulement à la survie des ménages, mais aussi à la promotion d’un entrepreneuriat féminin résilient face aux défis actuels. À travers le parcours de Gisèle Kabuo, c’est toute une dynamique locale d’espoir et de détermination qui se dessine.
Patient Ndasiva
