Dans le sud du territoire de Lubero, au Nord-Kivu, l’éducation est gravement menacée à l’Institut Kivako. Après la destruction de plusieurs salles de classe lors des récents affrontements armés, élèves et enseignants évoluent dans des conditions extrêmement précaires. Face à cette situation, les responsables de l’établissement lancent un appel urgent à l’aide humanitaire.
Situé à quelques kilomètres au nord-ouest de l’agglomération de Kaseghe, l’Institut Kivako accueille aujourd’hui plus de 150 élèves. Mais depuis les violences armées qui ont frappé la région, l’école peine à fonctionner normalement.
Contraint de quitter son site initial à Kivako pour se replier à Kaseghe en raison de l’insécurité, l’établissement n’a pas été épargné par les conséquences des affrontements. Plusieurs infrastructures ont été endommagées : toitures éventrées, pupitres et tableaux détruits, documents pédagogiques dispersés.
Grâce aux efforts conjoints du comité de gestion et des parents, les activités scolaires ont pu reprendre, malgré des moyens très limités. Toutefois, la situation reste critique. Aujourd’hui, seules trois salles de classe sont opérationnelles, tandis que les autres demeurent inutilisables.
Kambale Shangiliya, responsable de l’établissement, décrit une réalité préoccupante : « L’école fonctionne tant bien que mal, mais elle ne ressemble plus à ce qu’elle était. Seules les classes de 7e, 8e et 1re année subsistent, les autres ayant été détruites par les bombardements. Les élèves étudient dans des conditions très difficiles, souvent sans bancs ».
Le manque de matériel didactique aggrave davantage la situation. Les élèves suivent les cours dans des positions inconfortables, faute de pupitres et d’équipements de base. Face à ces défis, les responsables multiplient les appels au soutien.
« Nous avons besoin de fournitures essentielles comme des tableaux, des bancs et du matériel scolaire. Mais au-delà de tout, le retour de la paix est indispensable pour redonner à cette école sa dignité », insiste-t-il.
Par ailleurs, l’insécurité persistante et les difficultés économiques ont fortement perturbé le parcours scolaire de nombreux enfants. Certains élèves ont été contraints d’abandonner leurs études, tandis que d’autres ont cherché refuge dans des établissements jugés plus sûrs.
Cette dispersion des élèves illustre la fragilité du système éducatif local, durement affecté par les crises répétées qui compromettent l’avenir de toute une génération.
L’Institut Kivako symbolise aujourd’hui les conséquences directes des conflits armés sur l’éducation au Nord-Kivu. Malgré la résilience des enseignants, des parents et des élèves, la situation reste critique. Un appui urgent des autorités et des partenaires humanitaires apparaît indispensable pour restaurer les infrastructures, améliorer les conditions d’apprentissage et garantir aux enfants leur droit fondamental à l’éducation.
Ghislain Siwako
