La réinsertion économique des survivantes des exploitations et abus sexuels est au cœur d’un nouveau projet mis en œuvre dans les territoires de Nyiragongo, Goma et Sake.
Lancée au début de ce mois par la Fondation BiEsther (FOBE Asbl), avec l’appui financier de la MONUSCO, cette initiative de six mois vise à renforcer l’autonomie de cinquante femmes victimes de violences sexuelles à travers un accompagnement économique, psychosocial et financier.
Le lancement du projet a été marqué par une série de formations intensives de cinq jours au profit des bénéficiaires. Les participantes ont été outillées sur la gestion des microprojets, l’organisation et la gestion financière des activités génératrices de revenus, le fonctionnement des groupes solidaires, ainsi que le leadership et la gestion des conflits.
Selon les responsables de la Fondation BiEsther, ces formations avaient pour objectif de préparer les bénéficiaires à la mise en œuvre de leurs propres activités économiques grâce aux fonds qui leur seront accordés dans le cadre du projet.
Pour Mignonne Zaina Chaupanga, directrice de la FOBE Asbl, cette initiative vise avant tout à permettre aux femmes de retrouver leur autonomie et leur dignité.
« Nous voulons que la femme soit autonome et qu’elle puisse couvrir ses besoins primaires. Les bénéficiaires recevront un accompagnement économique et psychologique. Des assistants psychosociaux et des psychologues seront à leur disposition durant toute la période du projet », a-t-elle expliqué.
Les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction à l’issue des formations. Plusieurs d’entre elles affirment avoir acquis des connaissances essentielles pour entreprendre des activités rentables et mieux gérer leurs revenus.
L’une des participantes envisage de lancer un commerce de pagnes grâce au financement attendu. Elle prévoit d’investir une partie de ses bénéfices dans son activité et une autre dans son groupe d’épargne et de crédit afin d’assurer la croissance de son commerce.
D’autres bénéficiaires soulignent avoir appris les principes de base de la gestion financière, de l’épargne et de l’entrepreneuriat, des compétences qu’elles considèrent comme indispensables pour sortir durablement de la précarité.
Au-delà du soutien financier, le projet prévoit également un accompagnement continu et l’initiation des participantes à l’épargne solidaire afin de renforcer leur capacité d’autoprise en charge et d’améliorer leurs conditions de vie.
À travers cette initiative, la Fondation BiEsther et la MONUSCO entendent offrir aux survivantes des exploitations et abus sexuels une véritable opportunité de reconstruction socio-économique. En misant sur la formation, l’entrepreneuriat et l’accompagnement psychosocial, ce projet ambitionne de redonner espoir à ces femmes tout en favorisant leur autonomie financière et leur intégration durable au sein de leurs communautés.
Stoicien Sky Lwembo
