Plusieurs enfants déplacés vivant à Rubaya, dans le territoire de Masisi, sont privés de scolarité en raison des conditions de vie difficiles que traversent leurs familles. Depuis la rentrée scolaire, certains de ces enfants ne fréquentent pas les salles de classe, faute de moyens pour répondre aux besoins scolaires de base. Les responsables d’écoles locales alertent sur une baisse du nombre d’enfants déplacés inscrits et appellent à l’intervention des organisations humanitaires.
Rubaya, l’une des zones minières du territoire de Masisi, accueille depuis plusieurs années de nombreux déplacés venus de Katoyi et d’autres villages touchés par les conflits armés. Ces familles vivent dans des conditions précaires, notamment dans des salles de classe, des églises ou encore au sein de familles d’accueil.
À l’école primaire Beho, où certains déplacés ont trouvé refuge dans des salles de classe, des parents expliquent que les difficultés financières empêchent plusieurs de leurs enfants de poursuivre normalement leur scolarité. Même ceux qui fréquentent encore l’école éprouvent des difficultés à se procurer les fournitures scolaires nécessaires.
Selon Ahadi Bazuba, directeur de l’école primaire Ndalaga à Rubaya, le nombre d’enfants déplacés fréquentant les écoles de la région a diminué en raison de la précarité dans laquelle vivent leurs familles.
« La situation des élèves déplacés dans les écoles de Rubaya est caractérisée par des absences liées au manque de moyens. Les élèves manquent de fournitures scolaires telles que les cahiers, les stylos et les cartables. Ils arrivent également à l’école sans uniformes ni souliers. Certains viennent en classe alors qu’ils souffrent de la faim et passent parfois des nuits difficiles. Comme ces déplacés sont démunis, nous sollicitons l’appui de l’UNICEF, de l’UNESCO, du NRC et des autres organisations œuvrant dans l’éducation et la protection de l’enfant afin de venir en aide à ces enfants déplacés présents à Rubaya », a-t-il déclaré.
Les responsables scolaires estiment ainsi que l’absence d’un soutien adapté risque de compromettre davantage la scolarisation de ces enfants déjà fragilisés par les déplacements et les conditions de vie précaires.
Face à cette situation, les responsables d’écoles de Rubaya lancent un appel aux organisations humanitaires et aux acteurs œuvrant dans le secteur de l’éducation et de la protection de l’enfant pour renforcer leur assistance en faveur des enfants déplacés.
La cité de Rubaya et ses environs continuent d’héberger plusieurs familles déplacées, notamment en provenance de Katoyi et d’autres villages du territoire de Masisi affectés par les violences. Pour ces enfants, l’accès aux fournitures scolaires et à des conditions de vie décentes demeure un défi majeur pour leur maintien à l’école.
Ignace Tusali
