Dans le groupement de Gisigari, en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, les personnes retournées vivant avec handicap font face à de nombreuses difficultés depuis leur retour des camps de déplacés de Goma et de ses environs.
Réunies au sein de l’association Songa Mbele Mlemavu, qui compte près de 400 membres, elles sollicitent une assistance en matériels adaptés, notamment des tricycles et des béquilles, ainsi qu’un accompagnement pour relancer leurs activités génératrices de revenus.
Depuis leur retour, plusieurs membres de l’association affirment avoir perdu ou ne plus disposer des équipements nécessaires à leur mobilité.
Selon Appoline Sibomana, présidente de Songa Mbele Mlemavu, certaines personnes vivant avec handicap manquent de tricycles adaptés, tandis que d’autres ne disposent pas de béquilles. Pour ces personnes, l’accès à des équipements adaptés constitue une condition importante pour retrouver davantage d’autonomie dans leur vie quotidienne.
Au-delà des besoins en matériels de mobilité, l’association souhaite également bénéficier d’un appui financier permettant à ses membres de relancer leurs activités génératrices de revenus, notamment le petit commerce.
Pour Appoline Sibomana, ces activités représentent un moyen essentiel pour permettre aux personnes vivant avec handicap de subvenir progressivement à leurs besoins.
La présidente affirme que, depuis leur retour des camps de déplacés, il y a près de deux ans, l’association n’a reçu aucune assistance humanitaire. Son fonctionnement repose essentiellement sur les contributions de ses membres, des ressources qui, selon elle, ne permettent plus de répondre à l’ensemble de leurs besoins.
Face à cette situation, Songa Mbele Mlemavu appelle les organisations humanitaires, les autorités et les autres partenaires à soutenir ses membres dans la mise en place d’activités génératrices de revenus.
L’association souhaite notamment relancer le petit commerce à travers les mécanismes d’épargne et de crédit auxquels certains de ses membres participaient déjà.
« Notre urgence aujourd’hui est d’obtenir des tricycles adaptés et des béquilles. Mais surtout, nous sollicitons un soutien pour développer le petit commerce afin de pouvoir subvenir nous-mêmes à nos besoins. Nous faisons partie des AVEC, et c’est grâce au commerce que nous parvenions auparavant à faire fonctionner correctement nos activités. Aujourd’hui, malheureusement, cette activité ne fonctionne plus comme avant ».
À Gisigari, les personnes retournées vivant avec handicap restent confrontées à d’importants défis liés à leur mobilité et à leur autonomie économique. Avec près de 400 membres, l’association Songa Mbele Mlemavu estime qu’un accompagnement en équipements adaptés et en moyens de relance économique pourrait contribuer à améliorer les conditions de vie de ses membres.
Sans appui extérieur, la présidente de l’association craint une interruption de certaines activités, alors que de nombreuses personnes vivant avec handicap comptent sur ces initiatives pour retrouver leur autonomie et répondre à leurs besoins essentiels.
Michael Bariyanga
