Rutshuru : la rareté de la farine de manioc inquiète les habitants de Kisharo

Dans le village de Kisharo, situé dans le groupement de Binza en territoire de Rutshuru, une situation préoccupante se dessine depuis quelque temps : la farine de manioc, aliment de base de la population, devient de plus en plus rare.

Autrefois reconnu comme un important grenier agricole, ce village connaît aujourd’hui une baisse significative de sa production, suscitant inquiétude et interrogations au sein de la communauté.

Selon plusieurs habitants rencontrés sur place, cette rareté de la farine de manioc s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, la fréquentation des champs a fortement diminué.

De nombreux agriculteurs ont progressivement abandonné la culture du manioc, autrefois dominante, au profit d’autres cultures vivrières jugées plus rentables ou plus faciles à exploiter, telles que le soja, les haricots ou encore le riz.

D’autre part, cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de régression agricole dans la région. Kisharo, autrefois connu comme un grand producteur de manioc et de ses dérivés, notamment le chikwange, ne parvient plus à maintenir son niveau de production d’antan. Cette baisse impacte directement la disponibilité de la farine sur les marchés locaux.

Les conséquences de cette pénurie sont multiples. Sur le plan alimentaire, les familles se retrouvent en difficulté, le manioc constituant l’aliment de base dans cette zone. La rareté entraîne également une hausse des prix, rendant l’accès à ce produit encore plus difficile pour les ménages les plus vulnérables.

Face à cette problématique, plusieurs pistes de solutions sont envisagées par les habitants et les acteurs locaux. Il s’agit notamment de sensibiliser les agriculteurs à reprendre la culture du manioc, de soutenir le secteur agricole à travers des appuis techniques et matériels, et de promouvoir des politiques locales favorisant la relance de cette culture essentielle.

La rareté de la farine de manioc à Kisharo constitue un signal d’alarme pour cette entité agricole jadis prospère. Entre abandon des cultures traditionnelles et difficultés agricoles, la sécurité alimentaire des populations est désormais menacée. Une action concertée des autorités, des agriculteurs et des partenaires s’avère indispensable pour redonner à Kisharo sa place de grenier agricole et garantir un accès durable à cet aliment de base.

Emmanuel Nkiko

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