Sake : un centre au chevet de 350 enfants avec les moyens du bord

Dans la cité de Sake, au Nord-Kivu, des centaines d’enfants vulnérables, parmi lesquels des albinos, des orphelins et des enfants issus des peuples autochtones, vivent sans accès adéquat à l’éducation ni à des conditions de vie décentes. Face à cette réalité, le centre d’encadrement New Jérusalem Center tente d’apporter une réponse, malgré d’importantes contraintes logistiques et financières.

Situé au quartier Mosquée, le New Jérusalem Center encadre actuellement près de 350 enfants. Cependant, sa capacité d’accueil reste largement insuffisante. Selon Emmanuel Bifuko, responsable de la structure, le centre ne peut héberger que 50 enfants, faute de moyens adaptés.

« Nous avons un petit souci concernant le logement de tous ces enfants. La maison est grande, mais la capacité d’accueil actuelle est limitée à cinquante. Les autres enfants, tout aussi vulnérables, viennent uniquement pendant la journée pour bénéficier de l’encadrement avant de rentrer », explique-t-il.

Au-delà de l’encadrement éducatif et social, le centre offre également un accompagnement psychosocial. Ce soutien ne concerne pas uniquement les enfants, mais aussi des femmes victimes de violences sexuelles, dont certaines sont mères des enfants pris en charge.

« Nous accompagnons psychologiquement ces enfants et ces femmes, en particulier celles qui vivent sans soutien conjugal et dans un état de stress permanent », ajoute Emmanuel Bifuko.

Malgré ces efforts, les besoins restent énormes. Le centre manque de ressources essentielles telles que la nourriture, les médicaments, les infrastructures d’hébergement et les moyens pour assurer l’éducation des enfants. Face à cette situation, un appel à la solidarité est lancé.

« Nous avons besoin de personnes de bonne volonté pour nous soutenir. Nos moyens sont insuffisants, alors que ces enfants ont besoin de tout : nourriture, soins, logement et éducation », insiste le responsable.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large marqué par une crise sécuritaire et économique persistante dans la région. Depuis le début des conflits, la cité de Sake enregistre un nombre croissant d’enfants séparés de leurs familles, accentuant leur vulnérabilité.

Malgré des moyens limités, le New Jérusalem Center demeure un refuge essentiel pour des centaines d’enfants vulnérables à Sake. Toutefois, sans un appui extérieur significatif, ses efforts risquent de ne pas suffire face à l’ampleur des besoins. L’appel lancé par ses responsables met en lumière l’urgence d’une mobilisation collective pour garantir à ces enfants un avenir plus digne.

Faustin Balezi

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