Santé à Kiwanja : l’appel pressant en faveur de l’allaitement maternel

À Kiwanja, dans la province du Nord-Kivu, les professionnels de santé insistent sur l’importance de l’allaitement maternel pour assurer une croissance saine des nourrissons. Face à certaines pratiques inadaptées et aux contraintes du quotidien, les femmes allaitantes sont appelées à nourrir régulièrement leurs enfants au sein, considéré comme l’aliment le plus complet pour leur développement.

Dans la communauté de Kiwanja, les réalités liées à l’allaitement varient d’une mère à une autre. Certaines expliquent qu’elles allaitent leurs enfants uniquement lorsqu’ils pleurent, souvent à cause des obligations professionnelles qui limitent leur disponibilité. D’autres reconnaissent également ne pas respecter la fréquence recommandée, faute de temps.

Face à ces pratiques, Madame Marie Justine, infirmière pédiatre dans une structure sanitaire locale, rappelle les normes essentielles d’un bon allaitement.

Selon elle, un nourrisson doit être allaité au moins huit fois par jour, soit environ toutes les trente minutes, en lui donnant un sein pendant une quinzaine de minutes. Elle insiste aussi sur l’importance de tenir l’enfant sur l’épaule après la tétée pour faciliter la digestion.

L’infirmière attire également l’attention sur une pratique de plus en plus courante : le recours au lait artificiel vendu sur les marchés. Bien qu’il puisse contribuer à la croissance physique de l’enfant, ce lait ne remplace pas le lait maternel, indispensable au bon développement du cerveau et à la santé globale du nourrisson.

Par ailleurs, elle souligne que même avec des moyens limités, les mères peuvent produire suffisamment de lait en adoptant une alimentation locale équilibrée. La consommation d’aliments comme les légumes verts (sombé, épinards, amarantes), les légumineuses, les petits poissons (ndakala), ainsi que la prise régulière d’eau et de bouillie, favorisent la production du lait maternel.

L’allaitement maternel reste un pilier fondamental de la santé infantile. Malgré les défis économiques et sociaux, il demeure accessible à toutes les mères et constitue une solution efficace pour protéger les nourrissons contre les maladies.

Les professionnels de santé appellent ainsi à une prise de conscience collective afin de promouvoir cette pratique essentielle pour le bien-être des enfants et la réduction des dépenses médicales au sein des familles.

Vianney Watsongo

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