La campagne de vaccination contre la poliomyélite, la rougeole et la rubéole a été officiellement lancée lundi 10 août 2026 à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, après plusieurs reports dus à des contraintes logistiques.
La campagne, prévue du 11 au 15 août, vise à renforcer la protection des enfants contre ces maladies et à prévenir leur propagation dans la province. Le lancement s’est déroulé en présence des autorités sanitaires et des représentants des organisations humanitaires intervenant dans le secteur de la santé.
Les autorités sanitaires appellent les parents à conduire leurs enfants vers les sites de vaccination les plus proches. Pour cette campagne, une nouvelle stratégie basée sur des sites fixes a été adoptée, en remplacement de l’approche porte-à-porte habituellement utilisée.
Dans les 34 zones de santé que compte la province du Sud-Kivu, plus de quatre millions d’enfants sont ciblés par la vaccination contre la rougeole et la rubéole, tandis que plus d’un million sont attendus pour la vaccination contre la poliomyélite.
La vaccination est administrée en fonction de l’âge des enfants. Les autorités sanitaires encouragent les parents à adhérer à la campagne afin de renforcer l’immunité des enfants et de les protéger contre ces maladies évitables par la vaccination.
Des réticences à Walungu
La campagne de vaccination contre la rougeole et la rubéole se déroule normalement dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu, malgré certaines résistances de parents qui hésitent encore à faire vacciner leurs enfants.
Dans les sites de vaccination, certains parents déplacés et retournés expriment des inquiétudes liées notamment à l’alimentation de leurs enfants. Ils craignent de faire vacciner leurs enfants alors que ceux-ci n’ont pas suffisamment mangé.
D’autres parents, en revanche, se montrent favorables à la vaccination. Ils estiment qu’elle constitue un moyen important de protéger leurs enfants contre les maladies, dans un contexte où des cas de rougeole sont signalés dans certaines communautés.
Des femmes déplacées et retournées appellent ainsi les parents encore hésitants à faire vacciner leurs enfants afin de les protéger contre ces maladies. Elles invitent également les acteurs humanitaires et sanitaires à renforcer les activités de sensibilisation communautaire sur l’importance et les bénéfices de la vaccination.
Les acteurs humanitaires sont par ailleurs appelés à faciliter l’accès des enfants déplacés, retournés et issus des familles les plus vulnérables aux sites de vaccination, tout en veillant à ce qu’aucun enfant ne soit exclu en raison de la situation sociale ou économique de sa famille.
La campagne se déroule dans des sites fixes de vaccination, contrairement aux précédentes opérations qui étaient notamment organisées de porte-à-porte. Les parents sont donc invités à se rendre dans les sites identifiés avec leurs enfants.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL-GL avec le soutien de Media4dialogue de la Benelencja.
Gisèle Bashwira
