Home SantéUrgence sanitaire à Alanine : quand les latrines deviennent un luxe

Urgence sanitaire à Alanine : quand les latrines deviennent un luxe

by Admin Admin
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Au marché Alanine, l’un des espaces commerciaux les plus fréquentés de Goma, la question de l’accès aux latrines publiques suscite de plus en plus de réactions. Chaque jour, des centaines de commerçants et de clients fréquentent ce marché et utilisent les installations sanitaires mises à leur disposition. Bien que ces infrastructures soient propres et relativement bien entretenues, leur nombre reste insuffisant pour répondre aux besoins d’une population marchande en constante activité.

L’administrateur adjoint du marché, Monsieur Raphaël Shamamba insiste sur l’importance de ces infrastructures. « Là où il y a beaucoup de personnes, il faut qu’il y ait quand-même des latrines publiques. Les gens sont sensibilisés et mobilisés. Ils payent quelque chose pour l’entretien de ces installations parce que s’il n’y a pas d’entretien, il y aura toujours des maladies contagieuses, vu que le nombre d’utilisateurs est énorme ».

Selon lui, la contribution financière demandée aux usagers vise, avant tout, à garantir la propreté et le bon fonctionnement des installations, afin de prévenir les risques sanitaires.

Du côté des commerçants, les avis sont divergents. Certains reconnaissent que ces latrines sont indispensables et saluent les efforts fournis pour leur entretien.

D’autres, cependant, dénoncent le coût d’accès fixé à 500 francs congolais par passage. Une somme qui, à première vue, peut sembler abordable, mais qui devient lourde pour les vendeurs présents toute la journée au marché.

Certains expliquent qu’en cas de problème de santé, comme la diarrhée, plusieurs passages sont nécessaires. En effectuant cinq passages par exemple, un commerçant peut dépenser jusqu’à 2 500 FC par jour, uniquement pour l’accès aux latrines.

Dans un contexte économique difficile, cette dépense supplémentaire pèse sur des revenus, déjà fragiles. Tout en reconnaissant la nécessité de payer pour assurer l’entretien, plusieurs commerçants plaident pour une réduction du tarif, ou la mise en place d’un système d’abonnement journalier ou mensuel plus accessible.

Par ailleurs, bien que ces infrastructures soient importantes pour les vendeurs et les clients, leur proximité avec la poubelle principale du marché soulève des inquiétudes. Cette situation pourrait favoriser la prolifération des microbes, et accroître les risques de maladies si un bon entretien n’est pas assuré.

Dans un espace aussi fréquenté, le manque d’installations sanitaires suffisantes peut rapidement devenir un problème de santé publique. L’augmentation du nombre de latrines apparaît ainsi comme une solution pour améliorer les conditions d’hygiène.

Pour une ville touristique comme Goma, la qualité des infrastructures sanitaires dans les grands marchés constitue un indicateur important du niveau d’organisation urbaine. D’où, la nécessité d’investir davantage dans les infrastructures publiques afin d’assurer une hygiène accessible à tous.

L’augmentation du nombre de latrines publiques, la révision éventuelle des tarifs et un entretien constant pourraient non seulement contribuer à améliorer les conditions de travail des commerçants, mais aussi une accessibilité des clients de ce marché local.

Patience Ngorora

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