En commune de Kayna, au sud du territoire de Lubero, plus de 200 ménages composés de déplacés et de retournés ont choisi de se tourner vers l’agriculture pour faire face à la précarité alimentaire. Depuis novembre 2025, ces familles, privées d’assistance humanitaire, se mobilisent autour des cultures maraîchères dans l’espoir de subvenir à leurs besoins et de retrouver une certaine autonomie.
Face à l’absence d’aide extérieure, ces populations vulnérables ont pris l’initiative de cultiver collectivement des légumes à croissance rapide tels que les amarantes, les aubergines, les poireaux, les choux et les oignons. Répartis sur trois axes agricoles, leurs champs témoignent d’un effort communautaire remarquable.
Certaines femmes impliquées dans cette activité expliquent que cette décision est née d’un besoin urgent de survie. Ne recevant plus d’aide, elles ont choisi de travailler la terre ensemble afin de produire des aliments accessibles et nutritifs.
Cette initiative leur permet aujourd’hui d’avoir plus facilement des légumes, contribuant ainsi à lutter contre la malnutrition, notamment le kwashiorkor.
Selon Kisekedi Kahembe Alphonse, encadreur de cette synergie agricole, 283 ménages participent activement à cette initiative depuis plus de quatre mois. Il précise que cette collaboration repose sur la solidarité entre retournés et déplacés, les premiers facilitant l’accès aux terres pour les seconds.
Quant à l’approvisionnement en semences, ces agriculteurs improvisés s’organisent grâce à des contributions internes. Une mesure de semences est accessible à environ 1500 francs congolais, un coût relativement abordable qui leur permet de poursuivre leurs activités sans dépendre entièrement d’un soutien extérieur.
Cette dynamique agricole à Kayna illustre une véritable résilience communautaire face à l’abandon et aux difficultés. En s’unissant autour de la terre, ces familles déplacées et retournées démontrent leur capacité à s’adapter et à survivre malgré le manque d’assistance. Toutefois, leur espoir demeure d’attirer l’attention de bienfaiteurs ou d’organisations capables de soutenir et renforcer cette initiative porteuse d’avenir.
Emmanuel Fundi
