En République démocratique du Congo (RDC), particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, les crises sécuritaires et humanitaires rendent l’accès aux populations vulnérables de plus en plus complexe. Dans ce contexte, les médias communautaires apparaissent comme des acteurs essentiels pour rapprocher les organisations humanitaires des communautés affectées.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée chaque 19 août, l’expert en communication et enseignant d’université Consmas Mungazi revient sur l’importance de ces médias dans la compréhension, la protection et la continuité de l’action humanitaire.
Les médias communautaires jouent un rôle de véritable pont entre les humanitaires et les populations vulnérables vivant dans les zones touchées par les conflits et l’insécurité. Par leurs programmes et leurs informations de proximité, ils permettent aux communautés de mieux comprendre les missions des organisations humanitaires et les services qu’elles proposent.
Selon Consmas Mungazi, expert en communication et enseignant d’université, les médias ont notamment la responsabilité de renforcer la confiance entre les acteurs humanitaires et les populations bénéficiaires. Ils peuvent contribuer à expliquer les principes de neutralité et d’impartialité qui guident l’action humanitaire, des principes indispensables à la poursuite de l’aide dans les zones de conflit.
Dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, où la désinformation et les rumeurs peuvent alimenter la méfiance, une information fiable constitue un outil important de prévention. En expliquant clairement les objectifs et les interventions des organisations humanitaires, les médias peuvent réduire les incompréhensions et favoriser l’acceptation de leur présence sur le terrain.
Cette contribution peut également avoir des conséquences directes sur l’accès des populations aux services essentiels, notamment aux soins de santé, aux vivres et à d’autres formes d’assistance. Une communication responsable et adaptée au contexte local peut ainsi faciliter le travail des humanitaires et, dans certaines situations, contribuer à sauver des vies.
La réflexion de Consmas Mungazi intervient dans le cadre de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée chaque 19 août. Cette journée rend hommage aux travailleurs humanitaires qui interviennent dans des contextes souvent marqués par des risques importants. Elle commémore également les 22 personnes tuées lors de l’attentat contre le siège des Nations unies à Bagdad, en Irak, le 19 août 2003.
Face aux conflits, à l’insécurité et à la circulation des fausses informations, les médias communautaires constituent donc un maillon important de la chaîne humanitaire en RDC. En favorisant une information fiable, accessible et adaptée aux réalités locales, ils contribuent à renforcer la confiance entre les communautés et les acteurs humanitaires.
Leur rôle dépasse ainsi la simple diffusion de l’information : ils participent à la protection de l’espace humanitaire et à la continuité de l’aide au bénéfice des populations les plus vulnérables.
Munguiko Thierry Horneyssie
