Dans les zones affectées par les conflits et les crises humanitaires, l’accès à une information fiable constitue un enjeu majeur. Les médias communautaires jouent un rôle essentiel en faisant remonter les préoccupations et les besoins des populations vers les acteurs susceptibles d’y apporter une réponse. À travers ses alertes, le bulletin Habari za Mahali contribue à attirer l’attention des organisations humanitaires sur des situations nécessitant une intervention.
Selon Jean-Baptiste Kiyana, les alertes publiées par Habari za Mahali peuvent constituer un premier signal permettant aux acteurs humanitaires de prendre connaissance d’une situation particulière. Après réception d’une alerte, les organisations concernées procèdent notamment à la vérification des informations, à l’évaluation de l’ampleur de la situation et à l’identification des besoins prioritaires des populations affectées.
Une alerte peut ainsi contribuer à déclencher d’autres mécanismes de réponse humanitaire. « Une alerte de Habari za Mahali peut contribuer à déclencher une alerte au niveau de l’OCHA, laquelle peut être suivie et conduire à la réalisation d’une évaluation rapide dans différents secteurs, et finalement contribuer à apporter une réponse humanitaire », explique Jean-Baptiste Kiyana.

Jean-Baptiste Kiyana de REMED lors d’un exposé
Il cite notamment le cas des alertes faisant état de cas d’Ebola dans la zone de santé de Rutshuru. Selon lui, ces informations ont contribué à attirer l’attention de l’UNICEF et de ses partenaires à renforcer les mesures de prévention contre la maladie dans cette zone.
Cependant, la collecte d’informations humanitaires sur le terrain demeure un véritable défi pour les journalistes. L’insécurité, les difficultés d’accès à certaines zones et l’insuffisance de sources fiables peuvent compliquer leur travail.
« Les défis sont très importants. Dans la recherche d’informations humanitaires, il y a souvent des difficultés à accéder aux sources d’information », souligne Jean-Baptiste Kiyana. Il explique également que certains responsables des opérations humanitaires présents dans les zones touchées ne sont pas toujours autorisés, à leur niveau, à communiquer avec les médias.
Malgré ces obstacles, le travail des journalistes reste déterminant pour documenter les réalités vécues par les communautés. En recueillant les témoignages et en relayant les alertes provenant du terrain, les médias peuvent contribuer à rapprocher les populations des acteurs humanitaires.
De l’identification d’un problème à la mise en œuvre d’une réponse, l’information peut donc jouer un rôle déterminant dans le processus humanitaire. Les alertes de Habari za Mahali constituent, à ce titre, un mécanisme permettant de faire entendre la voix des communautés affectées par les crises et d’attirer l’attention des acteurs compétents.
Malgré les difficultés auxquelles sont confrontés les journalistes sur le terrain, le renforcement de la collaboration entre médias, communautés et organisations humanitaires demeure essentiel pour améliorer la remontée des besoins et favoriser des interventions plus rapides et mieux adaptées.
Marie Bisimwa
