Dans un monde marqué par le stress, l’incertitude et la pression sociale, la maladie mentale devient de plus en plus un problème de santé publique.
Les problèmes familiaux, l’insécurité et plusieurs autres facteurs sont à l’origine de l’augmentation des maladies mentales, selon la psychologue clinicienne et chargée de communication du Centre hospitalier neuropsychiatrique Tulizo Letu, ex-santé mentale de Goma.
Le psychologue clinicien Eugène Bashombe plaide alors pour une évaluation de la dimension mentale, de la dimension affective et de la dimension comportementale, ce qui constitue la base pour déterminer si une personne est déjà atteinte d’un trouble mental.
« Entre nous, comme humains, nous devons essayer de promouvoir de bons comportements, des comportements dignes, pas des comportements dangereux, pour nous-mêmes et pour la communauté. Il y a beaucoup de conflits entre familles et dans la communauté. Il y a aujourd’hui beaucoup de gens qui se donnent à l’alcoolisme. Vous savez, aujourd’hui, certaines personnes ont des pensées négatives, d’autres des pensées belliqueuses, mal construites, et vous pouvez voir quelqu’un vous dire : “Toi, tu ne veux pas de moi, tu veux m’ensorceler, je suis le roi de ce monde” », déclare-t-il.
Pour garder une bonne santé mentale, le psychologue recommande de ne pas garder le silence face à un problème, de pratiquer une activité physique, de bien dormir, de partager de bons moments avec ses proches et de prendre le temps de se reposer.
« Des activités récréatives, des loisirs et des sports en groupe créent aussi de la solidarité. On travaille sur sa santé mentale à travers ces activités sportives, mais on crée aussi une cohésion. Le quatrième point, c’était pour qu’on puisse travailler sur nos comportements, avoir des comportements dignes, afin de promouvoir une bonne santé mentale, d’abord pour soi-même, ensuite pour son entourage », insiste-t-il.
Toutefois, il appelle la communauté à développer la culture du dépistage régulier pour connaître l’état de sa santé mentale.
Selon différents rapports, le nombre de consultations en santé mentale et de soutiens psychosociaux a été multiplié lors du premier trimestre par rapport à l’année précédente. Au moins 4 600 personnes ont été prises en charge sur l’ensemble de la province durant cette période.
Ghislain Kaurwa
