Dans la ville de Goma, les habitants peinent de plus en plus à faire face à la flambée des prix des denrées alimentaires, malgré l’appreciation du franc congolais. Riz, farine, huile ou encore sucre, ces produits de première nécessité connaissent une hausse continue, directement liée à l’instabilité du taux de change entre le franc congolais et le dollar américain. Une situation qui pèse lourdement sur le panier de la ménagère et sur le pouvoir d’achat des familles.
Au marché de Kituku, les prix ne cessent de grimper. Les vendeurs font face à des difficultés liées à la variation du taux de change, qui influence négativement l’écoulement de leurs marchandises. La principale raison : l’instabilité persistante entre le franc congolais et le dollar américain.
« Le taux a baissé, mais quand nous vendons la pastèque à 15 000 francs, les clients disent que c’est 7 dollars. Pourtant, nous achetons nos marchandises en francs congolais. Avant, les gens achetaient plus qu’aujourd’hui », explique un vendeur de fruits.
Les vendeurs de légumes subissent les mêmes défis. Ils affirment souvent accepter de perdre leur pouvoir d’achat, pour préserver leurs marchandises.
« Pour nous, vendeurs de légumes, la baisse du taux du dollar ne nous arrange pas. Les clients n’achètent plus comme avant. Nous achetons en gros en Francs congolais, mais quand les clients viennent, ils veulent payer en dollars. Parfois, nous acceptons de perdre pour ne pas rentrer avec les marchandises à la maison », témoigne une commerçante.
« Les choses ne vont pas bien. Quand on amène les produits au marché et qu’on discute le prix, les clients ne savent pas si le taux est à 2 000 ou à 2 500 francs. Cela nous met en difficulté », ajoute un autre vendeur.
Ces commerçants estiment que seule la stabilisation du taux de change pourrait les soulager et les aider à mieux écouler leurs produits. « Nous, petits détaillants, demandons aux autorités de stabiliser le taux pour nous permettre, avec les grossistes, de travailler dans un système uniforme », plaide un vendeur. « Que les autorités nous communiquent un taux fixe. Nous entendons dire que le taux baisse, mais nous n’avons jamais un taux officiel : parfois c’est 2 300, parfois 2 200 ou 2 100 », ajoute un autre.
Dans l’intervalle, la population est prise en étau. Alors que les commerçants réajustent leurs prix quotidiennement, les consommateurs se voient contraints de se serrer davantage la ceinture. Cette dure réalité met en lumière la vulnérabilité économique des ménages, dans une ville où le pouvoir d’achat était déjà structurellement limité.
Richard Kubuya
