À l’occasion de la Journée mondiale de la femme rurale, célébrée chaque 15 octobre, Habari Za Mahali (HZM) met en lumière le parcours inspirant de Kahindo Ysongya Clarice, une femme paysanne vivant à Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru. Mariée et mère de six enfants, elle a réussi à améliorer les conditions de vie de sa famille grâce à l’agriculture, malgré les nombreuses difficultés rencontrées dans ce secteur.
L’aventure agricole de Kahindo Ysongya Clarice commence en 2002, lorsqu’elle décide d’exploiter un champ en location dans le bassin de production agricole de Kahunga, situé à environ sept kilomètres à l’ouest de Kiwanja. À cette époque, elle pratique la culture mixte, notamment du maïs, du manioc, des courges et de la patate douce.
Malgré l’absence d’un champ personnel, elle parvient à tirer des revenus de ses activités agricoles. Déterminée à aller plus loin, elle intègre ensuite une organisation féminine où elle acquiert des connaissances en entrepreneuriat agricole et en gestion des récoltes.
« En 2002, je n’avais pas mon propre champ. Je payais la redevance au propriétaire pour pouvoir l’exploiter pendant la saison suivante. Malgré cela, je gagnais beaucoup grâce à la culture mixte. Je n’ai pas baissé les bras. J’ai intégré une organisation féminine où j’ai appris plusieurs notions sur l’entrepreneuriat agricole. Cela m’a aidée à développer mes capacités dans la gestion des récoltes », témoigne-t-elle.
Avec le soutien de son mari, ses efforts finissent par porter leurs fruits. Le couple réussit à acquérir son propre champ, à construire une maison en matériaux durables et à mettre en place un kiosque qui constitue une activité génératrice de revenus et contribue également au financement des travaux agricoles.
Aujourd’hui, Kahindo Ysongya Clarice affirme que l’agriculture lui permet de répondre aux besoins de sa famille, notamment de payer les frais scolaires de ses six enfants qui poursuivent leurs études secondaires.
Cependant, son parcours n’a pas été sans difficultés. Elle déplore notamment le manque de débouchés pour les produits agricoles. Selon elle, les acheteurs imposent souvent leurs propres prix aux producteurs, qui disposent de peu de pouvoir de négociation. Elle évoque également l’insécurité dans les champs, qui empêche parfois les agriculteurs d’évacuer leurs récoltes à temps.
Fière de son métier, elle considère la houe comme un véritable instrument d’autonomisation de la femme rurale. Elle estime que les femmes jouent un rôle majeur dans la production agricole et dans la lutte contre l’insécurité alimentaire.
« Je suis fière d’être une femme paysanne. C’est un travail qui demande du courage et de la détermination. Ce n’est pas un métier pour les paresseux, mais avec une vision claire, l’agriculture peut être très rentable et contribuer à lutter contre l’insécurité alimentaire », souligne-t-elle.
À travers son expérience, elle encourage les autres femmes rurales à persévérer dans leurs activités agricoles. Elle interpelle également les décideurs sur la nécessité de garantir leur sécurité dans les zones de production, afin qu’elles puissent travailler et contribuer au développement de leurs communautés.
Le parcours de Kahindo Ysongya Clarice illustre comment l’agriculture peut devenir un véritable levier d’autonomisation économique et sociale pour les femmes rurales. À l’occasion de cette journée qui leur est dédiée, son témoignage rappelle l’importance de soutenir les agricultrices, de faciliter l’accès aux marchés et de garantir leur sécurité. En République démocratique du Congo, cette journée est célébrée sous le thème : « Autonomisation de la femme rurale pour éliminer la faim et assurer la sécurité alimentaire ».
Vianney Watsongo
