Alors que la maladie à virus Ebola continue de menacer les communautés du Nord-Kivu, les mesures de prévention semblent négligées dans certains lieux de grands rassemblements à Kiwanja, en territoire de Rutshuru. Au stade Muchawi, également appelé stade Masasi, aucun dispositif de lavage des mains n’est visible.
Joueurs, supporters et vendeurs fréquentent ce lieu sans matériel de prévention, une situation qui suscite des inquiétudes face aux risques de propagation de la maladie.
Il est 15 heures au stade Muchawi, situé dans le quartier Buzito, au centre-est de la cité de Kiwanja. Sur la pelouse, deux équipes locales, l’Association Premidis et Virunga Youth, s’affrontent devant plus de 400 supporters réunis autour du terrain.
Mais derrière l’ambiance sportive, un problème de santé publique se fait remarquer : aucun dispositif de lavage des mains n’est installé. Ni eau, ni savon, ni chlore ne sont disponibles pour permettre aux personnes présentes de respecter les mesures d’hygiène.
Parmi les supporters, Fiston Katsuva reconnaît ne prendre aucune mesure particulière de protection. Il affirme ne pas être suffisamment informé sur la réalité de la maladie et estime que les messages de prévention visibles dans la communauté ne suffisent pas à le convaincre.
« Je ne me suis pas encore protégé, car je ne sais pas réellement si la maladie existe. Je n’entends que des rumeurs auprès des gens et je vois des calicots. Visiblement, aucun effet n’est visible pouvant me certifier qu’Ebola existe. Je vis comme je vivais avant », témoigne-t-il.
Sur le terrain, les comportements observés soulèvent également des préoccupations. Certains joueurs partagent une même gourde, crachent au sol et se serrent les mains à la fin de la rencontre, sans possibilité de se laver les mains.
Du côté des responsables sportifs, le constat est presque similaire. Justin Balume, secrétaire adjoint du Football Club Masasi, reconnaît l’absence de mesures de prévention au sein de leur structure.
« Pour le moment, aucune mesure de protection n’a été prise. Nous entendons seulement que la maladie est là. Nous souhaitons que les humanitaires nous apportent des kits pour permettre à nos joueurs de se laver les mains après les entraînements », sollicite-t-il.
Selon le constat rapporté, cette absence de dispositifs de prévention ne concerne pas uniquement le stade Muchawi. La même situation serait observable dans d’autres stades de football de la cité de Kiwanja.
L’absence de dispositifs de lavage des mains dans les stades de Kiwanja met en évidence les défis de la prévention d’Ebola dans les lieux de rassemblement public. Face à cette situation, les responsables sportifs et les organisations humanitaires sont appelés à renforcer les équipements d’hygiène et la sensibilisation des joueurs et des supporters.
La prévention ne doit pas se limiter aux structures sanitaires et aux écoles : elle doit également atteindre les espaces sportifs et tous les lieux fréquentés par la population.
Ezéchiel Pendakazi
