Société Kiwanja : les élèves s’improvisent carriers pour payer leurs frais scolaires Admin Admin14 avril 2026025 views Les vacances de Pâques ont pris une tournure particulière pour de nombreux jeunes à Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru en province du Nord-Kivu. Loin de rester inactifs, certains vacanciers s’engagent dans l’extraction et la vente de sable le long de la rivière Kilabu. Une activité exigeante, mais devenue pour eux un moyen de subvenir à leurs besoins scolaires et de soutenir leurs familles. Dans le quartier Buturande, au bord de la rivière Kilabu, des groupes de jeunes s’activent quotidiennement à ramasser du sable. Cette activité, également visible dans plusieurs avenues de Kiwanja, s’est imposée comme une alternative face au manque d’occupations durant les vacances. Pour ces vacanciers, la motivation est avant tout économique et sociale. Certains affirment avoir choisi cette voie pour éviter l’oisiveté et ses conséquences. « Pour le moment au quartier, il n’y a aucune occupation. En déambulant, on risque trop. C’est pourquoi j’ai décidé de ramasser le sable et le vendre pour aider ma mère », explique l’un d’eux. D’autres mettent en avant la rentabilité relative de cette activité. Travaillant souvent en équipe, ils peuvent charger un camion en une journée, même si la tâche devient difficile lorsqu’elle est effectuée individuellement. « Moi, j’ai vu que cette activité est rentable pour moi, car c’est un chemin facile pour gagner rapidement de l’argent », ajoute un autre jeune. Pour certaines jeunes filles, cette activité représente également une forme de protection sociale. « Je creuse du sable pour avoir de l’argent et aider mes parents. Comme je suis une fille, cela m’épargne aussi des risques d’immoralité », confie une vacancière. Cependant, ce travail n’est pas sans risques ni contraintes. Les jeunes évoquent notamment la présence de serpents venimeux le long de la rivière, ainsi que la fatigue liée à l’effort physique intense. À cela s’ajoute la saturation du marché : « Il n’y a pas assez de clients, car beaucoup de personnes font la même activité. Le sable n’a pas de prix fixe, on prend ce qu’on nous propose », regrettent-ils. Malgré ces difficultés, l’extraction du sable reste une source de revenus importante pour plusieurs familles. À Buhunda, en périphérie nord de Kiwanja, une association informelle de creuseurs s’est même constituée sur les rives de la rivière Kilabu, attirant de nombreux vacanciers en quête de gains journaliers. À Kiwanja, l’engagement des vacanciers dans l’extraction du sable illustre une réalité marquée par la débrouillardise et la résilience des jeunes face aux défis socio-économiques. Bien que risquée et pénible, cette activité leur permet de financer leur scolarité et de soutenir leurs familles. Vianney Watsongo