À Rubaya et dans ses environs, plusieurs enfants, particulièrement des adolescents, abandonnent les cours pour se rendre dans les sites miniers à la recherche de revenus. Une situation qui inquiète les acteurs du secteur éducatif, à l’approche de la rentrée scolaire. Pour le spécialiste en matière d’éducation Muharuro Kibongo Jacques, directeur de l’École primaire Parapanda de Rubaya, cette situation est notamment favorisée par le manque de suivi de certains parents sur l’évolution scolaire de leurs enfants et par une collaboration insuffisante entre les familles et les enseignants.
Selon Muharuro Kibongo Jacques, certains parents ne suivent pas suffisamment le parcours scolaire de leurs enfants, particulièrement ceux qui fréquentent l’école secondaire. Cette absence de suivi peut favoriser le décrochage scolaire et pousser certains jeunes, notamment des garçons, à se tourner vers les activités minières.
« L’abandon de nos enfants est causé par la recherche de l’argent. Quand un parent ne suit pas de près l’évolution de l’enfant, celui-ci peut se livrer à aller dans les sites miniers », explique le spécialiste en éducation.
Face à cette situation, il estime qu’une collaboration étroite entre les parents et les enseignants est indispensable. Cette coopération permettrait notamment de suivre régulièrement la présence des enfants à l’école, leurs résultats scolaires ainsi que leur comportement, afin d’identifier rapidement les cas de décrochage. Le directeur de l’École primaire Parapanda appelle également les autorités locales à renforcer les mesures interdisant l’accès des enfants aux sites miniers. Selon lui, la place des enfants est avant tout à l’école et non dans les zones d’exploitation minière.
« Pour stopper cet abandon, il faut que les parents et les enseignants soient dans une bonne collaboration afin de savoir si l’enfant suit très bien les cours ou non. Mais aussi, l’État peut intervenir en interdisant la présence des enfants dans les sites miniers pour que leur vie soit normale », ajoute-t-il.
À l’approche de la rentrée scolaire, Muharuro Kibongo Jacques invite par ailleurs les parents à anticiper l’inscription de leurs enfants afin de leur garantir une place à l’école et de les éloigner des activités minières. Il appelle les familles à prendre davantage leurs responsabilités dans l’éducation et l’encadrement des enfants, en rappelant que le suivi scolaire ne doit pas se limiter au paiement des frais ou à l’inscription, mais doit également inclure un accompagnement régulier de l’enfant.
L’abandon scolaire au profit des activités minières demeure donc une préoccupation dans la cité de Rubaya et ses environs. Pour y faire face, les acteurs éducatifs plaident pour une meilleure collaboration entre parents et enseignants, mais aussi pour une application plus rigoureuse des mesures visant à protéger les enfants contre leur présence dans les sites miniers.
Les autorités locales avaient déjà interdit la présence des personnes de moins de 18 ans dans les sites miniers, conformément aux dispositions du Code minier de la République démocratique du Congo. À l’approche de la rentrée scolaire, les parents sont ainsi appelés à inscrire leurs enfants à temps et à assurer un suivi régulier de leur parcours scolaire. Pour les acteurs éducatifs, maintenir les enfants à l’école constitue un investissement essentiel pour leur avenir et celui de la communauté.
Ignace Tusali
