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Rutshuru : l’amélioration des techniques post-récolte, une priorité face à la dégradation des routes à Kahunga

by Admin Admin
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La saison de récolte a débuté depuis la mi-avril 2026 dans plusieurs bassins agricoles du territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Dans le village de Kahunga, situé à environ 8 kilomètres au nord-ouest de Kiwanja, les agriculteurs s’activent déjà autour des récoltes de haricots dits kablangiti. Malgré une production jugée satisfaisante cette saison, les producteurs font face à d’importants défis liés notamment à l’état dégradé des routes et aux difficultés d’évacuation des produits agricoles.

Face à cette situation, des acteurs agricoles appellent au respect strict des techniques post-récolte afin de limiter les pertes et garantir une meilleure conservation des récoltes.

Sous un ciel menaçant de pluie, hommes et femmes se rassemblent autour d’une bâche pour flageller les haricots fraîchement récoltés. Derrière les sourires affichés par certains cultivateurs se cachent pourtant de nombreuses inquiétudes.

« Cette saison, nous constatons que les haricots ont un peu bien produit. Mais lors de l’évacuation, les sacs peuvent traîner à cause du mauvais état de la route. Presque chaque jour, des camions se renversent ici, et cela représente un danger pour tous les passants », témoigne un agriculteur rencontré à Kahunga.

Une autre cultivatrice évoque également les aléas climatiques et le coût élevé du transport des récoltes.

« Nous cultivons avec beaucoup d’incertitudes. Le matin, nous déracinons les haricots, mais au moment de les flageller, la pluie commence déjà à tomber. Ici à Kahunga, la route est très délabrée. Les motards deviennent rares et augmentent les prix du transport. Souvent, le motard part seul avec votre sac de haricots, car il est interdit de monter sur les colis. Cela expose les producteurs à des pertes importantes », explique-t-elle.

Face à ces difficultés, la société Valorisons les Potentialités Agricoles (VaPAgri) sensibilise les producteurs au respect des techniques post-récolte pour préserver la qualité des produits agricoles.

Selon Jean-Claude Paluku, gérant de cette structure, une bonne gestion post-récolte permet de sécuriser aussi bien les produits destinés à la vente que ceux réservés à la consommation familiale ou à la semence.

« Lors de la récolte, il faut déjà répartir la production selon son utilisation : la vente, la consommation familiale ou encore la semence. Les producteurs doivent utiliser les infrastructures de stockage disponibles et appliquer correctement les méthodes de gestion post-récolte, notamment le séchage, le tri et la conservation sur palettes. Cela garantit l’homogénéité des produits et rassure les acheteurs », souligne-t-il.

La deuxième phase des récoltes est attendue entre juin et août prochains, principalement pour le soja et le maïs sec.

Malgré une saison agricole relativement encourageante dans les champs de Kahunga, les agriculteurs de Rutshuru continuent de subir les conséquences du mauvais état des infrastructures routières et des conditions climatiques imprévisibles.

Dans ce contexte, l’application des techniques post-récolte apparaît comme une solution essentielle pour réduire les pertes et améliorer la qualité des productions agricoles. Les producteurs espèrent également une amélioration des voies d’évacuation afin de faciliter l’accès aux marchés et valoriser davantage leurs récoltes.

Patient Ndasiva

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