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Sud-Kivu : les artistes en première ligne pour la consolidation de la paix

by Admin Admin
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À l’occasion de la Journée mondiale de l’art, les artistes du Sud-Kivu, notamment à Kamanyola et dans le territoire de Kabare, réaffirment leur engagement en faveur de la paix et de la cohésion sociale, malgré un contexte marqué par de profondes crises économiques, sécuritaires et humanitaires.

Dans la cité de Kamanyola en territoire de Walungu, plusieurs acteurs culturels témoignent des difficultés croissantes qui affectent leur métier. La baisse du pouvoir d’achat, les déplacements de populations et l’insécurité ont considérablement réduit la participation du public aux activités culturelles. Concerts, spectacles et autres événements artistiques peinent désormais à mobiliser.

« Aujourd’hui, même lorsqu’un artiste organise un spectacle, il devient difficile de rassembler les fans. Et ceux qui viennent n’ont plus les moyens de soutenir la musique locale », déplore l’artiste Élie Fimbo.

Malgré ces contraintes, les artistes restent déterminés à poursuivre leur mission. A travers leurs chansons et leurs performances, ils continuent de sensibiliser la population aux valeurs de paix, de vivre-ensemble et d’unité, dans une région encore fragilisée par les conflits.

Pour Irène Zihiruka, l’art constitue un outil puissant de transformation sociale : « L’art est un langage universel qui permet de transmettre des émotions, des idées et des valeurs capables d’unir les communautés », explique-t-elle. Elle souligne également que les œuvres artistiques, en reflétant les réalités humaines, contribuent à promouvoir la justice et la paix.

Dans le territoire de Kabare, la situation est tout aussi préoccupante. Les activités artistiques tournent au ralenti en raison de l’insécurité persistante. Festivals, concours et rencontres culturelles se font de plus en plus rares, limitant les opportunités d’expression pour les artistes.

Shukuru Muderhwa James appelle au retour de la paix pour permettre aux talents locaux de s’épanouir pleinement : « Sans stabilité, il devient difficile pour les artistes de développer leurs compétences et de partager leurs messages », souligne-t-il.

Au-delà des difficultés, les artistes continuent de jouer un rôle essentiel dans la société. A travers la musique, le théâtre ou l’humour, ils apportent du réconfort aux populations affectées, tout en diffusant des messages éducatifs et rassembleurs.

Cependant, face à la précarité croissante, un appel est lancé aux organisations humanitaires pour un soutien accru au secteur culturel. Les artistes plaident notamment pour un appui technique et financier afin de relancer les activités et renforcer leur impact social.

Plusieurs acteurs estiment que l’art apparaît comme un levier indispensable pour maintenir le lien social, apaiser les tensions et reconstruire le vivre-ensemble dans une situation des conflits. Plus qu’un simple moyen d’expression, il devient une véritable réponse humanitaire au service de la paix.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL-GL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencija.

Josué Musole

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