En cette période d’épidémie d’Ebola, les réseaux sociaux constituent un important canal pour informer rapidement la population, et renforcer le lien entre les communautés. Mais leur mauvaise utilisation peut également favoriser la propagation des rumeurs et de fausses informations, compliquant ainsi les activités de riposte dans le sud de Lubero et ailleurs au Nord-Kivu.
WhatsApp, Facebook, X et TikTok sont aujourd’hui parmi les plateformes les plus utilisées pour s’informer et échanger. Cependant, ces réseaux sont également devenus des espaces où circulent de nombreuses rumeurs liées à l’épidémie d’Ebola.
Parmi les messages fréquemment relayés, certains affirment, sans apporter de preuves, que les cas d’Ebola seraient volontairement multipliés pour obtenir de l’argent. D’autres prétendent qu’un cadavre d’une personne décédée d’Ebola rapporterait mille dollars, ou encore que la réapparition de la maladie viserait à empêcher la participation du Nord-Kivu aux élections, comme cela aurait été le cas en 2018.
Ces affirmations, lorsqu’elles ne sont pas vérifiées, peuvent alimenter la peur, la confusion et la méfiance au sein de la population, tout en fragilisant la confiance envers les services de santé et les acteurs de la riposte. Face à cette situation, la population est appelée à faire preuve de vigilance et à privilégier les sources fiables.
Joël Alimasi, de l’organisation Eleza Fact-Checking, explique le comportement à adopter face aux rumeurs. Les rumeurs liées à Ebola peuvent ainsi être davantage retenues par certaines personnes que les informations officielles et vérifiées. Une situation qui risque de provoquer une perte de confiance envers les services de santé et de compromettre les efforts de riposte contre la maladie. Mais comment reconnaître une rumeur et vérifier une information avant de la partager ?
Pour Joël Alimasi, les réseaux sociaux présentent un double visage : ils peuvent contribuer à la diffusion des fausses informations, mais également permettre de partager rapidement des informations fiables.
« Les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle à double tranchant parce que c’est sur ces mêmes réseaux sociaux que les fausses informations circulent et c’est sur ces mêmes réseaux sociaux que les vraies informations circulent. Il faut adopter un sens critique, mais aussi développer des compétences techniques qui permettront aux communautés de vérifier certaines images qui sont partagées, notamment grâce à des outils qu’on appelle Open Source Intelligence, afin de pouvoir distinguer les vraies informations des fausses, qu’il s’agisse d’images, de vidéos ou de textes », a-t-il renseigné.
Dans le sud de Lubero, les rumeurs sur Ebola se propagent notamment à travers les transferts de messages sur WhatsApp, Facebook, X et TikTok, mais aussi par le bouche-à-oreille. Dans ce contexte, vérifier l’information auprès de sources fiables avant de la partager apparaît comme un geste essentiel pour éviter d’alimenter la peur et la méfiance au sein de la communauté.
Origène Musubaho
