La fondation Kibakuli alerte sur la précarité dans laquelle vivent les personnes de troisième âge dans la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu.
Parmi les causes majeures, la fondation cite la pauvreté extrême, l’insécurité dans certains coins et l’absence d’un système de protection sociale. Conséquences, ces personnes se retrouvent dans les rues de Goma, en train de quémander.
« En troisième âge, on est souvent délaissé, même les enfants que quelqu’un a mis au monde n’arrivent pas à satisfaire les besoins de leurs parents », explique Aimé Fikiri Kibakuli, responsable de la fondation.
Par ailleurs, le côté psychique des personnes de troisième âge est aussi affecté. Le responsable de cette fondation révèle que certaines d’entre elles vivent des traumatismes constants, sans aucune possibilité de se reposer, en raison de leur vulnérabilité.
« Si on peut trouver des vivres et non vivres, c’est mieux de les aider », explique-t-il, précisant que la plupart de ces personnes sont des déplacés, des veufs ou abandonnées par leurs familles.
« Il y a même les gens de mauvaise volonté qui rencontrent les vieillards, ils commencent à les appeler des sorciers. Est-ce que vieillir, c’est une sorcellerie ? », s’interroge Aimé Fikiri Kibakuli.
Signalons qu’au cœur des artères animées de Goma, une foule silencieuse se distingue : celle des personnes âgées, souvent très nombreuses, qui tendent la main pour subsister. Cette réalité douloureuse contraste avec l’essor constant de la ville et souligne, selon les observateurs, l’aggravation de la vulnérabilité des aînés.
Ghislain Bin Kaurwa depuis Goma
