Au Nord-Kivu, la période des fêtes de fin d’année, traditionnellement synonyme de joie et de partage, a laissé un goût amer à de nombreux orphelins et familles monoparentales. Si la solidarité n’est pas restée totalement muette, elle s’est révélée sélective, limitée dans le temps et largement insuffisante face à l’ampleur des besoins.
Dans certains centres d’accueil pour orphelins, des bienfaiteurs ont effectué des visites ponctuelles, apportant des repas chauds et quelques vêtements neufs. Un geste salué par les bénéficiaires, mais qui n’a concerné qu’une infime partie des enfants vulnérables.
Dans un contexte économique particulièrement difficile, ces élans de générosité n’ont pas permis de répondre durablement aux besoins essentiels des orphelins notamment en nourriture, en soins et en encadrement.
« Nous avons mangé un peu mieux ce jour-là, mais le lendemain, tout est redevenu comme avant », confie l’un des enfants rencontrés. Pour plusieurs orphelins, la fête s’est ainsi résumée à un moment bref, sans lendemain, loin de l’insouciance que devrait connaître leur âge.
Au-delà des orphelinats, la crise économique frappe durement les familles monoparentales, de plus en plus nombreuses dans la province. Dans les faubourgs de la ville, une veuve rencontrée témoigne de son quotidien marqué par la précarité. Depuis cinq ans, date du décès de son époux, elle assume seule la charge de son foyer.
Mère de quatre filles, elle peine à subvenir aux besoins les plus élémentaires. Pour elle, les fêtes ne riment plus avec réjouissance, mais avec un douloureux rappel de sa solitude et de la pauvreté qui l’accable. « Quand arrivent les fêtes, je pense surtout à ce que je ne peux pas offrir à mes enfants », confie-t-elle, la voix empreinte de tristesse.
Notons que cette situation interroge nos modèles de solidarité. Au Nord-Kivu, les plus démunis réclament un suivi structuré plutôt que des dons de circonstance, afin que la joie des fêtes ne s’arrête plus à la porte des plus vulnérables.
Thierry Munguiko
