À quelques jours de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, les activités commerciales liées à cet événement peinent à reprendre dans la cité de Sake, située dans le groupement Kamuronza en territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Vendeuses de pagnes et couturiers dénoncent une baisse significative de leurs activités, conséquence directe de la crise économique qui affecte la population locale, majoritairement composée de retournés.
Traditionnellement, l’approche du 8 mars est marquée par une forte activité dans les marchés et les ateliers de couture. Les femmes achètent des pagnes pour les faire coudre en vue de célébrer la Journée internationale des droits des femmes. Mais cette année, la situation est bien différente à Sake.
Plusieurs vendeuses de pagnes rencontrées au marché central affirment que la clientèle se fait rare, contrairement aux années précédentes. Elles attribuent cette situation à la crise économique persistante et à la fermeture des banques, qui a réduit la circulation de l’argent dans la cité.
Madame Bora Safari, vendeuse de pagnes au marché central de Sake, explique que malgré la baisse des prix, les clients ne se présentent presque plus.
« Nous avons plusieurs types de pagnes comme le petit Super, le petit Hollandais et le Prestige. Les prix sont abordables, certains pagnes coûtent cinquante dollars à discuter, d’autres quinze dollars seulement. Mais il n’y a pas de clients parce qu’il n’y a pas d’argent et les banques ne fonctionnent plus », déplore-t-elle.
Du côté des couturiers, la situation n’est guère meilleure. Madame Sylvie Mubawa, couturière dans la cité, indique que son activité tourne au ralenti.
« Depuis le mois de mars, je n’ai confectionné que deux pagnes. Les tailleurs sont devenus très nombreux car plusieurs ONG forment des personnes en coupe et couture. En plus, les clientes n’ont pas d’argent. Même la fête du 8 mars ne se ressent pas vraiment cette année », explique-t-elle.
Malgré ces difficultés, certaines initiatives tentent d’encourager l’autonomie des femmes dans la région. Dans le cadre de cette célébration, l’ONG World Vision a distribué des pagnes, des parasols et des machines calculettes à plusieurs femmes de la cité de Sake. Ces bénéficiaires avaient été formées au camp de Mugunga sur l’auto-prise en charge. Chaque femme a reçu vingt-quatre pièces de pagnes, un parasol ainsi qu’une machine calculette pour soutenir ses activités commerciales.
Alors que la Journée internationale des droits des femmes approche, vendeuses de pagnes et couturiers de Sake espèrent une amélioration de la situation économique afin de relancer leurs activités. Dans un contexte marqué par les difficultés financières et la faible circulation de l’argent, ces acteurs économiques appellent à des solutions durables pour soutenir les initiatives locales et renforcer les moyens de subsistance des populations retournées.
Faustin Balezi
