Face à la crise économique qui ébranle Goma et le territoire de Nyiragongo, le Club RFI/Goma s’engage résolument dans l’action. En partenariat avec plusieurs organisations, il lance le projet « Donne-moi aussi Une chance ».
Cette initiative vise à offrir à la jeunesse locale, et notamment aux enfants orphelins, victimes directes des conflits, la possibilité de se reconstruire et d’acquérir une autonomie durable.
En effet, l’impact de la crise est particulièrement dévastateur pour ces jeunes qui, ne pouvant subvenir à leurs besoins socio-économiques quotidiens, se trouvent dans une situation de vulnérabilité extrême.

Des jeunes orphelins en train d’apprendre les métiers
Ce projet a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des enfants orphelins en les dotant de compétences professionnelles, leur permettant de devenir autonomes et utiles à leur communauté.
Julien Zawadi, chef de projet et membre du Club RFI, explique que l’idée est née d’un constat faisant état de la saturation des orphelinats, et l’incapacité des tuteurs à répondre à tous les besoins des enfants.
« Nous avons compris qu’on ne peut pas guérir ces enfants uniquement par un suivi psychologique, il faut aussi changer leur mode de vie. Pour cela, il faut leur donner les mêmes chances que les autres, notamment par la formation professionnelle », a-t-il affirmé.
Pour cette première phase, 30 enfants on été pris en charge, et repartis dans différentes filières selon leurs aspirations : plomberie, mécanique automobile, ajustage et soudure, coupe et couture, maçonnerie, coiffure et esthétique.

La photo de famille des apprenants en métiers
À l’issue de 4 à dix mois d’apprentissage, six enfants sont sortis plombiers, huit mécaniciens, six ajusteurs et soudeurs, sept couturiers, un maçon et une esthéticienne. Jusqu’ici, neuf jeunes ont été intégrés sur le marché de l’emploi, doté d’un salaire stable.
« Nous sommes fiers de constater que plusieurs d’entre eux subviennent déjà aux besoins de leurs orphelinats et soutiennent d’autres enfants », s’est réjoui Julien Zawadi.
De son côté, Esther Muchapa, l’une des bénéficiaires formée à l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) en esthétique, affirme dorénavant se sentir utile pour la société.
« Avant, je doutais beaucoup. Je ne savais pas quelle direction prendre. Grâce à cette formation, j’ai appris un métier, mais surtout à croire en moi. Aujourd’hui, je me sens en vie et je retrouve ma dignité », a-t-elle laissé entendre.
Esther Muchapa rêve désormais non seulement de s’offrir un salon de beauté, mais aussi et surtout d’inspirer d’autres jeunes filles à suivre le même chemin.
Grâce Wasingya Nestor
