Dans la commune rurale de Masisi, au Nord-Kivu, plus de 100 personnes déplacées, retournées et membres de la communauté hôte bénéficient d’une formation professionnelle au sein du centre Masisi Training Center (MTC). Cette initiative vise à offrir des compétences pratiques à des populations souvent privées d’accès à l’éducation formelle. Toutefois, malgré l’engagement des formateurs et l’intérêt des apprenants, le centre fait face à d’importantes difficultés matérielles qui limitent la qualité de l’encadrement.
Depuis plusieurs années, le Masisi Training Center s’impose comme un espace d’apprentissage et d’espoir pour de nombreux jeunes et femmes touchés par les conséquences des conflits et des déplacements. Selon Paul Cicéron, chef du centre, l’établissement accueille actuellement plus d’une centaine d’apprenants issus de différentes catégories sociales, notamment des personnes déplacées internes, des retournés et des membres de la communauté locale.
Au sein de ce centre, plusieurs formations sont proposées afin de favoriser l’autonomie des bénéficiaires. Parmi les filières disponibles figurent la coupe et couture, la menuiserie, l’apprentissage du français et de l’anglais ainsi que l’alphabétisation. Ces formations constituent souvent la seule opportunité pour certaines personnes d’acquérir des compétences utiles à leur insertion socio-économique.
« Dans notre milieu, plusieurs personnes n’ont pas eu la chance d’aller à l’école. Le MTC encadre la population dans différents métiers afin de leur donner une nouvelle perspective d’avenir », témoigne Paul Cicéron.
Malgré ces efforts, le centre se heurte à de nombreux défis. Le manque d’équipements et d’outils pédagogiques constitue l’un des principaux obstacles à une formation de qualité. Les formateurs doivent souvent travailler avec des moyens limités pour répondre aux besoins des apprenants.
« Nous n’avons pas suffisamment de matériels pour assurer une formation de qualité. Nos locaux sont également en location, ce qui complique davantage le fonctionnement du centre », explique le responsable.
Face à cette situation, Paul Cicéron lance un appel aux partenaires et aux bienfaiteurs afin de soutenir le centre en équipements et en infrastructures, pour permettre aux apprenants de bénéficier d’une formation plus adaptée.
Malgré les difficultés, le Masisi Training Center continue de jouer un rôle essentiel dans la formation professionnelle des populations vulnérables de Masisi. Depuis plus de quatre ans, le centre accompagne notamment des femmes vulnérables et des personnes vivant avec handicap vers une meilleure autonomie. Avec un appui accru des partenaires et des organisations humanitaires, cette initiative pourrait renforcer son impact et offrir davantage d’opportunités aux communautés affectées par les crises dans la région.
Samuel Lukuli
