À l’approche du 8 mars, date consacrée à la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, l’ambiance reste inhabituelle dans plusieurs localités du sud du territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu. Dans la zone de santé de Kayna, notamment dans les agglomérations de Kayna et Kanyabayonga, les préparatifs de cette journée mondiale dédiée aux droits des femmes restent très discrets, faute de ressources financières suffisantes.
Contrairement aux années précédentes, aucun signe visible de mobilisation n’est observé dans ces localités. Habituellement, cette période est marquée par l’organisation de défilés, de réunions publiques et d’activités de sensibilisation menées par les organisations féminines. Mais cette année, ces initiatives peinent à se concrétiser.
Plusieurs organisations féminines expliquent ne pas disposer de moyens financiers nécessaires pour organiser des activités d’envergure. Certaines envisagent ainsi de commémorer la Journée internationale des droits des femmes de manière plus sobre, dans la prière et en famille.
Kahambu, responsable de l’organisation féminine Mama Amka basée à Kayna, indique que les femmes ont opté pour une célébration simple. « Nous allons rendre grâce à Dieu de nous avoir permis d’arriver à cette journée. Après la sortie de l’église, chacun retournera à la maison pour célébrer avec sa famille », explique-t-elle.
Selon elle, la situation économique difficile et le manque d’accompagnement constituent des obstacles majeurs à l’organisation d’activités collectives.
« Nous avons rencontré des difficultés liées au manque d’argent. Il nous a été impossible de mobiliser des contributions pour louer une salle ou organiser des échanges entre femmes », déplore-t-elle.
Malgré ce contexte difficile, cette responsable appelle les femmes à ne pas perdre espoir. Elle estime que cette célébration, même modeste, peut devenir un moment de réflexion et de renforcement de la solidarité entre femmes.
« Face aux défis de cette année, nous ne devons pas nous décourager. Même si les activités sont limitées, nous continuerons à organiser des rencontres pour échanger des idées et chercher des solutions. Nous espérons que l’année prochaine, la force de la femme sera encore plus visible », souligne-t-elle.
Dans le sud du territoire de Lubero, la Journée internationale des droits des femmes sera célébrée cette année dans la sobriété, en raison des difficultés économiques qui frappent les organisations féminines locales. Toutefois, malgré le manque de moyens, les femmes de Kayna et de Kanyabayonga restent déterminées à maintenir l’esprit de cette journée en mettant en avant la résilience, la solidarité et l’espoir d’un avenir meilleur.
Augustin Tsongo
