Malgré la dépréciation du dollar face à la monnaie nationale, le coût du transport sur plusieurs axes du territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, demeure étonnamment inchangé. Cette stagnation des prix, en dépit d’un contexte monétaire favorable, est attribuée à de multiples facteurs avancés par les conducteurs des engins roulants dits « motards ». Ce constat a été fait ce 04 novembre 2025 par un reporter du bulletin « Habari za Mahali », lors d’une descente au rond-point Kiwanja.
C’est le cas par exemple du trafic de Kiwanja-Goma, Kiwanja-Kibirizi, Kiwanja-Vitshumbi, qui reste au prix de quinze mille francs (15 000fc) par client sur moto ; et dix mille francs (10 000 FC) de Kiwanja à Nyamilima. Toutes les courses à l’intérieur de l’agglomération de Kiwanja et ses environs gardent leur ancienne tarification.
Toutefois, les exploitants locaux du secteur des transports avancent plusieurs arguments pour justifier le maintien de l’ancienne tarification, et ce, malgré la baisse du dollar. Ils invoquent principalement :
La raréfaction de la clientèle due à la conjoncture économique précaire qui secoue la région ; le délabrement persistant de certains tronçons routiers, qui augmente l’usure des engins roulants ; l’absence de répercussion de la baisse du dollar sur le prix des pièces de rechange et des intrants qui demeurent coûteux sur le marché local.
« De Kiwanja à Nyamilima, auparavant, nous étions en train de demander 10 000FC, et 15 000 de Kiwanja à Goma. Mais par rapport à la situation actuelle, les clients ne sont pas là, et la crise monétaire persiste. C’est pourquoi, même s’il y a baisse du taux de change, les prix des articles ne sont pas rabaissés ; comme de l’huile pour moteur reste au prix selon l’ancien taux de change, des pièces sont toujours au prix d’auparavant. Alors avec cela, nous n’avons pas modifié le prix de transport », indique Aristote Bakurije, un taximan-moto joint au parking situé au rond-point Kiwanja.
Aristote Bakurije pense que la baisse des prix des articles serait un des moyens pouvant influencer la diminution de coût de voyage. « Ceux-là qui sont des vendeurs des pièces de rechange s’ils rabaissent leur prix conformément au taux actuel, nous pourrions rabaisser aussi le prix de transport », ajoute-t-il.
Du côté des usagers, le mécontentement est palpable face à cette inflexibilité tarifaire. Les passagers dénoncent vigoureusement l’invariabilité du coût du transport. Conséquence directe : certains sont contraints d’annuler leurs déplacements, tandis que d’autres accumulent les retards aux points de départ, jugeant exorbitant le montant réclamé par les taximen. Cette frustration est d’autant plus vive qu’elle survient en dépit de la baisse notable du taux de change du dollar.
Signalons qu’à Kiwanja, un dollar (1$) américain se change actuellement entre 2 300 et 2 500 fc, contrairement aux temps précédents où le dollar variait entre 3 000 fc et 3 200 fc. Les habitants de cette contrée attendent impatiemment la baisse significative du prix de transport afin d’exercer leurs activités économiques en toute quiétude.
Wilson Jean-Nepon
